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... de son investissement à la production indépendante. 27 auditions et plus de 70 personnes rencontrées nous ont convaincus que la France pouvait s'inspirer de l'exemple britannique et que notre modèle méritait en partie d'être révisé. Les quotas de contribution à la production constituent le premier pilier de notre règlementation. Leur taux est fixé entre 12 et 15 % du chiffre d'affaires pour les chaînes privées et à hauteur de 20 % pour le service public. Cette contrepartie de la gratuité de la fréquence hertzienne a pour objet d'enclencher un mécanisme vertueux en faveur des oeuvres audiovisuelles françaises, dont le succès assure des revenus aux chaînes obligées de les diffuser. Deuxième pilier, les quotas de diffusion. Les grandes chaînes de télévision diffusent en première partie de soiré...
Voilà un rapport qui correspond exactement à la commande : dresser un état des lieux, établit un diagnostic précis et fouillé ; il fera référence et je vous en félicite. Nous pourrons apprécier toutes les options possibles pour arriver à une restructuration du secteur. Toutefois, le débat n'aboutira que si tous les maillons de la chaîne perçoivent leur intérêt et ne sont pas dressés les uns contre les autres. Quand j'ai lancé le débat à Biarritz, lors du Festival international des programmes audiovisuels, j'ai constaté les difficultés à faire bouger les lignes. Pour cela j'évoquais la nécessité du donnant-donnant. Auteurs et producteurs déplorent la non circulation des oeuvres et les blocages, y compris au sein de France Télévis...
J'ai dit qu'en Angleterre, la proportion était de 10 % pour les chaînes privées. La BBC est à 50 % de dépendant obligatoire plus 25 % au choix.
... public. Le secteur souffre d'un manque de contrôle, de transparence, de régulation. Une grande partie des petits producteurs ne vit pas de son activité et exerce une autre activité. Trente sociétés de production concentrent 90 % des ventes. Trop de sociétés qui travaillent pour le service public ne publient pas leurs comptes. La transparence fait défaut. Est-il normal que d'anciens dirigeants de chaînes publiques partent avec des indemnités et des ordres de production garantis ? Nous souhaitons des évolutions, non une révolution, pour que la télévision s'adapte aux défis auxquels elle est confrontée. Les mutations sont rapides : hausse de la concurrence internationale, télévision connectée, télévision sur internet, etc. Rien ne dit que la télévision, telle que nous la connaissons, existera en...
Il y avait néanmoins consensus pour faire plus attention au service public. Or toutes les chaînes sont concernées par la réglementation, y compris, et c'est normal, les grands groupes privés en concurrence avec lui. Si les obligations baissent, ils en bénéficieront également. Nos collègues communistes souhaitent aller plus loin, presque revenir à la SFP, mais le privé aussi alors pourra tout internaliser. J'appelle à la vigilance : ne déstabilisons pas le système en déplaçant trop le curseur...
Comment accepter que celui qui a apporté 80 % du financement et pris le risque, ne soit que locataire de l'émission pendant un à trois ans ? Nous sommes tous d'accord là-dessus. Nous avons proposé de placer le curseur à 50 %, ce qui était une solution médiane, y compris pour le groupe de travail. J'avais envisagé de s'aligner sur le taux le plus bas pratiqué, soit 60 % pour les chaînes de la TNT.
Dans les faits, je crois qu'aucune chaîne de la TNT ne remplit les conditions pour se voir appliquer ce taux.
...c 108 millions de téléspectateurs. Pendant la finale du championnat du Super Bowl, 24,1 millions de tweets ont été échangés. À titre d'indication, lors de l'émission The Voice, nous avons compté 218 000 tweets, score élevé pour la France mais qui reste à un niveau faible au regard de celui suscité par le Super Bowl. Autre point remarquable, l'année dernière alors qu'il était diffusé sur une autre chaîne, le Super Bowl avait rassemblé 111,3 millions de téléspectateurs mais produit seulement 13,7 millions de tweets. D'une année sur l'autre, le nombre de tweets a pratiquement doublé alors que le nombre de téléspectateurs a baissé, c'est dire l'importance de ce phénomène. Il va de soi qu'au CSA nous n'employons pas le terme tweet, nous parlons de « gazouillis » !
De plus, il convient d'ajouter à ceux qui suivent une chaîne tous ceux qui suivent les invités d'un programme diffusé par cette chaîne. Il y a un cumul de potentiel, comme nous le verrons tout à l'heure avec les NRJ Music Awards, où se sont ajoutés ceux qui suivaient NRJ et ceux qui suivaient les artistes. Un autre point important à noter est la capacité des programmes à devenir des marques capables de fédérer des publics sur tous les écrans. Au fur et à ...
Ce phénomène de télévision sociale est un enjeu majeur pour une marque comme NRJ. Le rapport entre la taille de la chaîne NRJ12 et sa capacité de mobilisation est spectaculaire : 1,4 million de tweets. Vous rendez-vous compte du niveau de mobilisation que cela implique ? Ce point amène à s'interroger sur les scores d'audience et sur la façon dont les personnes regardent l'émission. En effet, une autre façon de regarder et de partager est en train de se développer. Ce million de tweets a peut-être été vu par trois ...
...rs directions impliquées et peu de possibilités d'amortissement : en effet, il est difficile d'utiliser des contenus créés en fonction d'une émission pour un autre programme. Son caractère d'usage unique en fait sa spécificité. Le retour sur investissement, les bénéfices, se situent au niveau de la notoriété, de l'image, de l'audience et de la satisfaction. Dans les journaux, vous voyez que telle chaîne s'enorgueillit d'être « au-dessus des 20 % de parts de marché », que telle autre a fait un mauvais score ou se valorise à travers cette audience sociale, qui accompagne généralement une amélioration de l'audience globale.
...ur votre second écran la publicité du produit pour pouvoir l'acheter. Bien que je ne sache pas si vous en aurez la même utilisation... Les menaces, quant à elles, tiennent à la perte de maîtrise de toute diffusion sur le second écran et de maîtrise de production de contenus télévisuels. Les risques se définissent aussi au travers de la fragmentation des audiences, de la baisse de la capacité des chaînes à financer des programmes - puisqu'ils vont redistribuer les budgets -, de la concurrence avec de nouveaux acteurs - sites de partage de vidéos, réseaux sociaux -, et de la dépendance des chaînes vis-à-vis des plateformes sociales. Il convient de faire attention à ces changements pour en garder la maîtrise. À ces risques, il faut ajouter les incertitudes correspondant au nouvel écosystème non-s...
Enfin, et c'est amusant de le citer, les acteurs et le CSA souhaitent la révision des modalités de mention des réseaux sociaux à l'antenne, motif pour lequel le CSA a décidé de se pencher à nouveau sur cette affaire de télévision sociale. Au départ, nous interdisions aux chaînes de parler de tel ou tel réseau par son nom. Par la suite, nous n'avons plus classé le nom de ces réseaux comme des marques, il fallait permettre aussi aux uns et aux autres d'intervenir. Comme nous le disions tout à l'heure, la télévision sociale est une première illustration concrète des nouvelles possibilités offertes par la télévision connectée, ou par le téléspectateur connecté comme l'indi...
En ce qui concerne les émissions s'adressant à un public adolescent, relevant donc plutôt de la téléréalité, l'impact est réel, dû à l'effet boule de neige. Les jeunes n'en parlent pas devant la machine à café, mais sur les réseaux sociaux ! De plus, point intéressant, aujourd'hui tous les participants des téléréalités ouvrent et alimentent des comptes Twitter à la demande de la chaîne qui les diffuse. Il serait d'ailleurs intéressant de savoir si la chaîne apporte à ses participants un soutien technique leur permettant de répondre à des tweets. Je ne sais pas si les agriculteurs de L'Amour est dans le pré ont tous des comptes Twitter...
Avons-nous des statistiques, par chaîne, du nombre de téléspectateurs qui utilisent ces technologies. Par exemple, y-a-t-il beaucoup de tweets concernant Arte ?
Oui, nous avons des statistiques. Le classement des vingt plus importants comptes influenceurs de la télévision comporte six chaînes, trois animateurs, trois comptes programmes et trois titres de presse. Autre exemple, parmi les dix animateurs les plus suivis sur Twitter, Sébastien Cauet arrive en tête avec 690 000 followers. En comparaison, Jean-Luc Mélenchon est suivi par 127 000 personnes.
Dans le prolongement de ce que dit Nicolas About, nous pourrions imaginer qu'une chaîne ou une radio aura tendance à inviter un homme politique qui a énormément de followers : en produisant un effet de levier, sa venue serait beaucoup plus avantageuse par rapport à quelqu'un qui n'est pas suivi.
Vous avez tout à fait raison : pour l'instant, ça n'en fait pas partie. Pour revenir à votre question sur Arte, je vous précise que cette chaîne a 125 000 followers. La chaîne est donc légèrement battue par Jean-Luc Mélenchon de deux mille unités.
...énomène d'autorégulation des réseaux. Plus largement, je crois qu'il ne faut pas se faire d'illusion. Nous n'avons ni la compétence juridique ni les moyens techniques de la contrôler. Ce qui est interdit sur ces réseaux est ce qui est contraire à l'ordre public. Par exemple, dans le cas d'un tweet incitant à la haine raciale, c'est au ministère de l'intérieur d'intervenir directement. Contre une chaîne extracommunautaire qui, via le satellite, est quand même diffusée sur une partie du continent européen et qui relève de la juridiction française, nous pouvons intervenir mais avec le soutien du ministère de l'intérieur en cas d'atteinte à l'ordre public. Nous connaissons l'arsenal juridique et les dispositifs nationaux qui sont applicables. L'expression « télévision sociale » est un peu abusive...
...yTF1, le vidéo club de TF1, qui est évidemment « dans les clous » et en respecte la signalétique et le classement des écrans ; de l'autre, vous trouvez Youtube qui est un dispositif de partage de vidéos où vous pouvez mettre tout et n'importe quoi. À ce propos, je citerai le cas d'une vidéo, qui avait été proscrite par le CSA et qui était pourtant en ligne sur Youtube. Cette émission venait d'une chaîne extracommunautaire et proposait une méthode pour battre sa femme, je ne plaisante pas. Sa mise en ligne sur Youtube est un problème pour lequel nous n'avons évidemment aucune compétence.