Interventions sur "harcèlement"

195 interventions trouvées.

Photo de Marie MercierMarie Mercier, rapporteur :

...victimes. Par ailleurs, j'ai cru comprendre que vous procéderiez à une simplification des stages dans le futur projet de loi. Dès lors, est-il de bon augure de créer un nouveau stage pour six mois ? Nous partageons, je n'en doute pas, le même objectif, mais tout passe d'abord par l'éducation et le respect. D'ailleurs, les lycées et les collèges ne nous ont pas attendus pour travailler autour du harcèlement. Nous ne pourrons jamais tout écrire dans la loi. Il importe de prévenir, afin de protéger au mieux toutes les personnes vulnérables et nos enfants. Finalement, la réalité n'est qu'un clair-obscur.

Photo de Laurence RossignolLaurence Rossignol :

... mon sens. Du reste, les victimes ne sont pas naïves, elles savent à quel point il va leur être difficile d'apporter la preuve, parole contre parole. Introduire l'outrage sexiste dans la loi revient à poser des interdits. Il s'agit d'une sorte de cliquet civilisationnel. Le décret n'aurait pas eu le même impact. Le Gouvernement a souhaité que ce soit dit clairement après les campagnes contre le harcèlement. Je rappelle la campagne très réussie conduite par ma prédécesseure Pascale Boistard sur le harcèlement dans les transports en Île-de-France. En revanche, il n'a échappé à personne que l'article 2 est déceptif : il a créé beaucoup de déception chez tous les parlementaires, au Sénat comme à l'Assemblée nationale, et dans tous les groupes, si j'ai bien compris. La déception est également large da...

Photo de Laure DarcosLaure Darcos :

Ce texte ne traite pas suffisamment des victimes en situation de vulnérabilité. Certes, l'Assemblée nationale a voté un amendement relatif aux femmes atteintes d'un handicap, mais je pense aussi aux SDF, aux personnes âgées : il arrive que des abus sexuels soient commis au sein d'établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. Je ne crois pas non plus à la pénalisation du harcèlement de rue, même si cela part d'un bon sentiment. Je pense que les mesures prises contre les frotteurs dans les transports en commun, grâce à Valérie Pécresse, sont une très bonne chose. Il est beaucoup plus facile pour les policiers de prendre les auteurs de tels actes en flagrant délit. De même, permettre aux femmes qui rentrent tard le soir de descendre du bus près chez elle est une très bonne ini...

Photo de Roland CourteauRoland Courteau :

Je suis très surpris par le faible nombre de saisines dont vous faites l'objet en matière de harcèlement sexuel, ce qui me convainc de l'utilité de lancer une ambitieuse campagne de sensibilisation sur ce sujet. Les chiffres rendus publics aujourd'hui font état d'une augmentation des plaintes pour viol et agression sexuelle d'environ 12 % en 2017. Si la parole se libère, ce dont il convient évidemment de se réjouir, est-ce, selon vous, une conséquence de l'affaire dite Weinstein, qui secoue depuis...

Photo de Laure DarcosLaure Darcos :

...e l'année 2017, cela a été mentionné. Surtout, elles ont enregistré une croissance de 31 % au quatrième semestre, ce qui tend à montrer le lien avec l'actualité. Je m'interroge sur les responsabilités qui, d'un point de vue juridique, peuvent être imputées à l'entourage d'une victime, notamment, dans le cadre professionnel, aux représentants du personnel, lorsqu'ils ont connaissance d'un cas de harcèlement ou d'agression. J'ai pu assister à un jeu de rôle organisé par l'AVFT à l'université Paris-sud, qui mettait en scène une telle situation : lorsque la victime avait fait état de ses difficultés à son syndicat, celui-ci avait refusé d'intervenir, ce qui avait choqué les participants. Les organisations représentatives du personnel ont évidemment un rôle à jouer en matière de prévention et de défense...

Photo de Marc LaménieMarc Laménie :

S'agissant du maillage du territoire par votre institution, disposez-vous de relais dans chaque département ? Au-delà du harcèlement, j'aimerais également connaître votre sentiment sur l'état, en France, du mal-être au travail. Le phénomène a fait l'objet de nombreux travaux, dont il est difficile de tirer une conclusion générale.

Photo de Céline Boulay-EspéronnierCéline Boulay-Espéronnier :

L'actualité nous offre, depuis quelques semaines, l'occasion de multiples témoignages et statistiques sur le harcèlement sexuel. Il apparaît notamment que 70 % des actifs estiment malaisé d'identifier avec certitude un cas de harcèlement. C'est dire, comme vous le releviez, l'importance de l'information sur ces sujets ! Parmi les différentes définitions que vous avez données du harcèlement, je n'ai nullement entendu de référence à la domination que le harceleur exerce, dans le milieu professionnel par exemple, su...

Photo de Christine PrunaudChristine Prunaud :

..., dans le cadre de partenariats avec le ministère de l'Éducation nationale. Il demeure cependant difficile d'en évaluer les résultats. Vous avez parlé de la nécessité de l'éducation à la sexualité prévue par le code de l'éducation. Cette exigence rejoint les principes sur lesquels étaient fondés les ABCD de l'égalité. Comment peut-on procéder pour rendre ces séances effectives ? La prévention du harcèlement est essentielle dans les entreprises également, y compris dans celles de taille modeste. Or, dans mon département, il me semble que rien ne soit réellement réalisé dans ce domaine. L'information des employeurs sur leurs obligations en matière de harcèlement sexuel devrait pourtant constituer une priorité.

Photo de Victoire JasminVictoire Jasmin :

Il est incohérent que les ordonnances relatives au code du travail aient contraint le champ d'action des syndicats alors que, dans le même temps, nous leur enjoignons de signaler plus systématiquement les cas de harcèlement et de renforcer l'accompagnement des victimes. Dans les départements d'Outre-mer, les femmes subissent un taux de chômage élevé ; lorsqu'elles sont victimes de harcèlement, elles sont donc hésitantes à déposer plainte. Des enquêtes approfondies sur le taux de plaintes sont donc indispensables. Enfin, pour améliorer la prévention réalisée auprès des élèves par l'Éducation nationale, il convien...

Photo de Maryvonne BlondinMaryvonne Blondin :

Vous avez cité le problème lié au manque de preuve du harcèlement. S'agissant des agressions sexuelles sur mineurs, la question de la prescription est actuellement présente dans le débat. J'ai évoqué ce sujet avec une magistrate qui a souligné, comme vous, les grandes difficultés de pouvoir apporter une preuve matérielle au bout de 20 ou 30 ans. Or notre système juridique est fondé sur la présomption d'innocence et les droits de la défense. Quand on arrive au «...

Photo de Roland CourteauRoland Courteau :

La prévention du harcèlement, qui est en effet fondamentale, passe par la lutte contre les stéréotypes, et ce dès le plus jeune âge. Cela concerne notamment les jouets des enfants (je renvoie à un rapport de la délégation, publié en décembre 2014, sur ce sujet4(*)) et cela nécessite une meilleure information des jeunes dans les collèges et les lycées. Nous avions fait en sorte que cette information soit inscrite dans le code...

Photo de Laurence CohenLaurence Cohen :

...'inscrivent dans un système patriarcal au sein duquel les femmes sont assignées à un rôle mineur depuis la nuit des temps.... N'oublions pas non plus les violences économiques. J'estime pour ma part que les inégalités professionnelles et salariales, qui existent encore en 2017, relèvent de la violence. Selon un rapport du Défenseur des droits de 2014, 40 % des femmes qui ont porté plainte pour harcèlement ont perdu leur emploi. Vous avez évoqué les femmes de ménages qui étaient harcelées dans une entreprise sous-traitante de la SNCF. Il semble que les choses commencent à bouger dans le monde syndical, mais il arrive encore que des délégués syndicaux subissent des sanctions pour avoir défendu de telles victimes. Comment mieux les protéger ? Ne devrait-on pas envisager de créer un statut protecteur,...

Photo de Laure DarcosLaure Darcos :

Je voulais revenir sur l'AVFT dont vous avez parlé. Il se trouve que, la semaine dernière, dans le cadre de la semaine de lutte contre les violences faites aux femmes, j'ai eu l'occasion de me rendre à l'université Paris-Sud où la présidente avait invité une troupe de théâtre pour une séance de jeux de rôle sur le thème du harcèlement. Dans ce cadre, nous pouvions passer du rôle du harceleur à celui de la victime ou des témoins, et j'ai réalisé que lorsqu'on se trouve dans la position de la victime, on se sent beaucoup plus démuni que lorsqu'on est spectateur. L'un des jeux de rôle m'a plus particulièrement marquée. Il s'agissait de se mettre à la place du conjoint d'une personne subissant du harcèlement. J'ai pris conscienc...

Photo de Céline Boulay-EspéronnierCéline Boulay-Espéronnier :

Au bout du compte, quel peut être l'intérêt d'une femme victime de harcèlement à déposer plainte quand on connaît le parcours semé d'embûches qui l'attend ?

Photo de Laurence CohenLaurence Cohen :

... avec l'enfant, notamment dans la cadre du droit de visite. Le département de Seine-Saint-Denis a mis en place la mesure dite d'accompagnement protégé (MAP), qui permet à l'enfant de rencontrer son père dans un lieu neutre, avec une tierce personne. Voilà un exemple de bonne pratique qui gagnerait à être étendue pour contribuer à réduire le nombre de drames intrafamiliaux. En ce qui concerne le harcèlement de rue, comme je l'ai déjà dit lors de notre dernière réunion, cette expression ne me semble pas opérante. Et il vaut mieux parler, à mon avis, de harcèlement dans l'espace public.

Photo de Jacqueline Eustache-BrinioJacqueline Eustache-Brinio :

Je souhaite que nous puissions travailler sur le harcèlement que subissent les jeunes filles dans les collèges, sous le regard des garçons. Il s'agit d'un phénomène très violent, qui fait quasiment l'objet d'une omerta. On assiste à une vraie régression sociale de la place des jeunes filles dans certains collèges. Cela concerne en effet davantage les collèges que les lycées, notamment en région parisienne. C'est très inquiétant, car cela peut déboucher sur...

Photo de Céline Boulay-EspéronnierCéline Boulay-Espéronnier :

Notre présidente m'ôte quasiment les mots de la bouche, ce qui prouve que nous sommes en phase ; c'est une bonne chose ! Le harcèlement se caractérise par une certaine récurrence des faits, une relation de pouvoir. Je pense aussi à l'éducation : il faut se pencher sur le rôle de l'école. Plus généralement, nous pouvons agir au niveau de nos territoires. Je siège au Conseil de Paris et je peux vous dire qu'il y aurait beaucoup de propositions à faire, notamment pour l'accueil des femmes battues ...

Photo de Chantal DeseyneChantal Deseyne :

J'adhère à tout ce qui vient d'être dit. On constate effectivement une perception très différente du harcèlement et de son acceptabilité selon les individus. Je m'interroge comme Françoise Cartron : quelle incidence ces violences intrafamiliales ou ce harcèlement peuvent-ils avoir sur la vie professionnelle des femmes ?

Photo de Marc LaménieMarc Laménie :

Je rejoins beaucoup de mes collègues sur la problématique du harcèlement, et je constate qu'il frappe toutes les générations, mais souvent les plus jeunes, notamment dans les collèges. Je pense qu'il y aurait beaucoup à faire dans le domaine scolaire. Laurence Cohen l'a très bien dit : faisons attention à ne pas tomber dans la banalisation, car le risque existe. Plus généralement, nous aurions beaucoup de messages à faire passer dans nos départements respectifs, no...

Photo de Laurence RossignolLaurence Rossignol :

Je voudrais faire remarquer que la ministre a récemment mis en place un groupe de travail sur la question du « harcèlement de rue ». S'il est indiqué que ce groupe est composé de parlementaires, dans les faits, on ne compte que des députés. Je pense qu'il ne serait pas inutile de rappeler à la ministre l'existence et l'utilité du Sénat... Il est regrettable que notre institution n'ait pas été associée à cette initiative. Le Parlement ne se réduit pas à la seule Assemblée nationale !