Interventions sur "intelligence"

43 interventions trouvées.

Photo de Gérard LonguetGérard Longuet, sénateur, président :

...ordre du jour. Nous allons, tout d'abord, accueillir M. Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec, que je remercie de sa présence et qui nous expliquera le sens de cette dénomination, son rôle ainsi que les moyens dont il dispose. Le deuxième temps de cette réunion sera consacré à la présentation, par notre premier vice-président, Cédric Villani, des réflexions qu'il conduit actuellement sur l'intelligence artificielle, des auditions qu'il a engagées et de l'avancement de cette commande gouvernementale sur ce que pourrait être une politique nationale française en matière d'intelligence artificielle.

Photo de Gérard LonguetGérard Longuet, sénateur, président :

Les pouvoirs politiques ont, en réalité, incité à la création des académies pour laïciser la connaissance et faire en sorte que l'intelligence, la culture, la science ou même la langue française s'organisent en dehors de l'université qui était, en Europe jusqu'au XIXe siècle, complètement contrôlée par l'autorité religieuse. Les phénomènes de structures sont absolument passionnants. Le risque de sclérose est permanent, les académies risquant de devenir, selon le sens commun du terme, « académiques », c'est-à-dire des instances que l'on ...

Photo de Gérard LonguetGérard Longuet, sénateur, président :

L'intelligence artificielle est une préoccupation collective extrêmement forte. Le précédent gouvernement avait lancé, à travers le rapport France IA, une première réflexion globale. Notre Office est tout à fait informé de ces questions puisqu'il a éclairé le Parlement grâce aux travaux de Dominique Gillot, que je remercie de sa présence, et Claude de Ganay, qui ne pouvait être présent en raison d'un engageme...

Photo de Dominique GillotDominique Gillot, ancienne sénatrice et co-rapporteure de l'Office sur l'intelligence artificielle :

...airer nos concitoyens, nos collègues parlementaires, sur cette accélération des processus, notamment en matière de connaissance, sur les changements de paradigme à l'oeuvre dans certains domaines. Cédric Villani vient ainsi de nous expliquer qu'il fut un temps où la statistique n'était pas une science très valorisée, alors qu'elle devient presque aujourd'hui la reine des disciplines pour servir l'intelligence artificielle. Nous avions engagé ce travail avec beaucoup de sincérité, de curiosité et d'enthousiasme, en nous préservant des idées reçues en la matière, sur les grandes peurs, les inquiétudes, les « mythes » issus de la science-fiction, qui n'évoluent guère. Notre travail visait à rendre l'intelligence artificielle compréhensible pour l'ensemble de nos concitoyens. C'est d'ailleurs la raison po...

Photo de Michel AmielMichel Amiel, sénateur :

Merci de la clarté de cet exposé, sur un sujet qui monte en puissance. Ma question, formation oblige, va porter sur les relations entre intelligence artificielle et médecine. Au moment où l'on s'interroge beaucoup sur la question des « déserts médicaux » - terme couramment utilisé, mais que je n'aime pas trop car il ne correspond pas à une réalité -, force est d'admettre que probablement, dans les vingt années à venir, l'intelligence artificielle, sous forme de médecine algorithmique, d'aide au diagnostic, jouera un rôle important. J'ai par...

Photo de Stéphane PiednoirStéphane Piednoir, sénateur :

...fondie, me semble-t-il, les débouchés ainsi que les risques éventuels associés à ces nouvelles techniques. Il se trouve que nous avons en commun, M. le premier vice-président, le domaine des mathématiques, bien qu'à un niveau plus modeste pour ce qui me concerne, en tant qu'enseignant de profession. Vous avez indiqué dans votre présentation que la France manquait d'ingénieurs dans le secteur de l'intelligence artificielle. J'irais même jusqu'à dire que l'on manque d'ingénieurs de qualité : on a su former des mathématiciens de qualité, vous en êtes la preuve, mais je ne suis pas sûr que les générations qui arrivent se situent à un tel niveau d'excellence. Une réforme du baccalauréat est en projet. Ne serait-il pas intéressant et opportun de suggérer au plus haut niveau qu'une réforme du bac ambitieuse ...

Photo de Bruno SidoBruno Sido, sénateur :

Merci à toutes et à tous, et surtout à Cédric Villani pour cet exposé que je considère tout à fait magistral. Bien que nous repartions sans disposer d'une définition précise de l'intelligence artificielle, cela ne nous a pas empêchés d'en débattre toute la matinée, au cours d'échanges tout à fait passionnants. La réunion est close à 11 h 45.

Photo de René DanesiRené Danesi :

qui s'est beaucoup investie dans ce rapport, exposera les deux axes de la stratégie de l'Union européenne pour les véhicules sans chauffeur. Pour l'ensemble de ces raisons, une conclusion s'impose d'emblée : la conduite autonome viendra encore à l'ordre du jour de notre commission ! Dans le rapport d'étape que nous vous présentons aujourd'hui, apparaît le rôle clé de l'intelligence artificielle. Or sa première caractéristique est son évolution ultra rapide. En conséquence, les dispositions actuellement discutées au Parlement européen quant à la responsabilité civile de robots dotés d'intelligence artificielle risquent d'être rendues obsolètes par l'évolution technique bien avant leur adoption. Le droit fait inévitablement la course derrière la technique. L'avenir nous dir...

Photo de Pascale GrunyPascale Gruny :

...l apprécier correctement ses conséquences. Tout d'abord, la robotisation n'est pas suffisamment poussée pour qu'une substitution immédiate permette de remplacer tous les chauffeurs dans tous les véhicules par tout temps et quelle que soit la route. Ensuite, à défaut de commettre des erreurs humaines, les robots pourraient en commettre d'autres, tout aussi graves. Enfin, lorsque le progrès de l'intelligence artificielle et des équipements aura permis cette substitution, nous connaîtrons une période de coexistence entre conducteurs humains et robots. Rien ne permet d'affirmer qu'elle sera totalement pacifique. Il est même probable qu'elle provoquera des accidents, puisque la communication entre capteurs implantés sur un véhicule et conducteurs humains d'une autre voiture n'a rien de simple. À ce jour...

Photo de Pierre MédeviellePierre Médevielle :

...assionnant, d'une actualité brûlante. Pour cette raison, je limiterai aujourd'hui ma contribution personnelle à deux constats qui m'ont frappé lorsque j'ai pris connaissance du travail réalisé. Tout d'abord, les problématiques du rapport dépassent très largement le cadre des transports routiers. Elles vont même au-delà de la thématique « transports », puisque la robotisation et le recours à l'intelligence artificielle vont largement déterminer l'évolution de nombreux secteurs d'activité humaine au cours des décennies à venir. C'est vrai de l'intelligence artificielle, dont les progrès se mesurent sur une échelle de temps fondée sur les mois, voire sur les semaines puisque deux évolutions majeures ont été rendues publiques depuis le début du mois d'octobre. Il s'agit de l'autoapprentissage initial ...

Photo de Jean-Yves LeconteJean-Yves Leconte :

...transports, ce qui rendra encore plus impérieuse la nécessité d'une transition énergétique, au demeurant favorisée par la robotisation des voitures. Aucun constructeur n'est obligé d'effectuer les essais sur le territoire de son État d'origine. Les États-Unis ont investi beaucoup d'argent dans la conduite autonome, ils adaptent leur cadre juridique et drainent nos cerveaux. Qui sera maître de l'intelligence artificielle ? Les constructeurs français n'ont pas la capacité d'investissement de leurs homologues allemands. Sur le plan juridique, nous sommes déjà en retard.

Photo de André GattolinAndré Gattolin :

L'évolution technique est inéluctable. L'interrogation porte sur les conséquences économiques et sociétales, comme toujours dès qu'on parle d'intelligence artificielle. J'ai échangé avec le député Cédric Villani à ce sujet. Nous faisons de la société fiction. La voiture connectée fera disparaître les infractions routières, ce qui ne sera pas sans conséquences négatives pour le budget de l'État ! Mais je regrette surtout la disparition du jeu. Quel serait l'intérêt d'une compétition automobile sans conducteur ? Nous avons vu ce qu'il en était ave...

Photo de Jean-Pierre LeleuxJean-Pierre Leleux :

... constate aux États-Unis et en Chine. Serons-nous conscients de l'importance à positionner l'Europe sur le marché mondial ? Les deux orientations stratégiques portant sur les corridors d'expérimentation et la mise sur pied de consortiums doivent s'accompagner de crédits de recherche-développement pouvant assurer à l'Europe une position de leader. Nous avons les cerveaux permettant de développer l'intelligence artificielle, mais je crains que l'on ne baisse les bras. J'achèverai par une observation sur le système Galileo. Une fois les difficultés actuelles surmontées, sa précision sera supérieure à celle de son concurrent américain GPS.

Photo de Michel RaisonMichel Raison :

Je félicite les quatre copilotes, dont l'intelligence n'a rien d'artificiel.

Photo de Michel RaisonMichel Raison :

Un homme d'affaires efficace peut éliminer son concurrent, mais la régulation reste nécessaire. Il en va de même pour la science, sinon le clonage humain serait une réalité. L'intelligence artificielle aussi a besoin de régulation. Il faudra mettre en place des comités de suivi, car, sur le très long terme, la déshumanisation menacera. Nos descendants auront-ils encore besoin d'un cerveau ? À l'ère des ordinateurs, qui maîtrise le calcul mental ? J'avoue éprouver aujourd'hui quelques difficultés à lire une carte routière... Sans le suivi que je préconise, nous courons à la catastr...

Photo de René DanesiRené Danesi :

...nterventions bienvenues sont pertinentes. Le sujet évolue en permanence ; il est trop vaste pour que nous puissions tout aborder. À elle seule, l'éthique pourrait justifier un rapport. Inévitablement, le véhicule autonome provoquera des accidents. Il ne semble pas réellement envisageable d'appliquer une responsabilité pénale à un ordinateur, mais la responsabilité civile et inévitable. Doté d'une intelligence artificielle auto-apprenante, un véhicule autonome pourra être confronté à une alternative : écraser une personne qui se trouve à tort sur la chaussée ou se déporter en compromettant la sécurité des passagers. Qui achètera une voiture susceptible de sacrifier ses passagers pour sauver un piéton ?

Photo de René DanesiRené Danesi :

Monsieur Leconte, la conduite autonome en ville fera disparaître la propriété individuelle des véhicules, ce qui ne sera pas sans conséquences sur les parkings. Carlos Ghosn refuse de transformer Renault et Nissan en simples assembleurs de carrosserie, mais tel est déjà le sort de Fiat depuis son partenariat avec Google. M. Raison a dit fort justement la nécessité de réguler la science et l'intelligence artificielle, mais c'est difficile à faire !

Photo de Pascale GrunyPascale Gruny :

Le débat sur l'intelligence artificielle, qui s'est déroulé dans l'hémicycle il y a trois semaines, m'a donné le vertige pour mes enfants et mes petits-enfants. L'éducation nationale est un vrai sujet, car l'intelligence artificielle va de pair avec l'intelligence humaine. Que demandera-t-on aux adultes de demain ? Face à un risque d'accident, que fera la voiture du futur ? Elle freinera !

Photo de Pierre MédeviellePierre Médevielle :

Il y a fort longtemps déjà, les moines copistes refusaient l'imprimerie : le refus du progrès n'a rien de nouveau. L'intelligence artificielle ouvre des perspectives formidables, bien sûr pour les transports urbains, mais aussi pour les transports routiers. Tout arrivera très vite. Il faut accepter l'évolution, et surtout s'en réjouir !

Photo de Dominique GillotDominique Gillot, rapporteure :

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, chers collègues, je vous remercie de cette invitation qui nous permet de venir présenter notre rapport devant l'autorité à l'origine de la saisine de l'Office, saisine qui a conduit à notre rapport. Personnellement, je souhaitais depuis déjà plusieurs mois - voire plusieurs années - que l'Office se saisisse de ce sujet car, depuis 2010, l'intelligence artificielle est un sujet qui émerge progressivement, ce qui nécessite une analyse sereine et objective de ce qu'elle représente. J'espère qu'après cette présentation devant la commission des affaires économiques du Sénat, nous interviendrons également devant nos collègues députés de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale. L'objet de l'Office est bien d'éclairer les par...