Interventions sur "réfugiés"

11 interventions trouvées.

Photo de François-Noël BuffetFrançois-Noël Buffet, vice-président de la commission des lois :

La commission des lois suit avec intérêt la crise migratoire ; je lui rends régulièrement compte de la mise en oeuvre de la réponse européenne, et me suis rendu en Sicile, à Lampedusa et à Lesbos. Au-delà des aspects sécuritaires, la question humanitaire est importante, et loin d'être terminée avec un probable afflux de réfugiés à prévoir avec les beaux jours. Nous avons besoin de mieux comprendre comment l'Europe va s'organiser, après l'organisation de hotspots et de contrôles à la fin de l'année dernière. L'enjeu géomilitaire reste fort. Votre audition nourrira notre travail prospectif.

Photo de Jacques LegendreJacques Legendre :

Vous avez insisté à juste titre sur la prévention pour réduire les flux de réfugiés. Mais Gaëtan Gorce et moi-même avons eu l'impression, au cours de nos auditions, que l'Union européenne courait après les problèmes, se contentant d'y faire face une fois qu'ils se posaient. Or la démographie donne prise à la prévision. Ainsi, comment anticipez-vous l'épisode d'immigration massive qui s'annonce en provenance d'Afrique subsaharienne, où sévissent la misère et la sécheresse, depuis...

Photo de Alain RichardAlain Richard :

L'accord avec la Turquie me semble nécessaire, car il ouvre la possibilité d'une gestion dans la durée des flux migratoires. Une fois ratifié par les États membres, les 300 ou 400 000 réfugiés qui seront admis dans l'Union européenne au cours des douze mois à venir devront être répartis entre les vingt-huit. Compte tenu des difficultés rencontrées par le premier accord de répartition, une gestion entièrement partagée est nécessaire. La coopération avec l'Iran est, comme vous le dites, nécessaire pour faciliter l'intervention humanitaire sur le terrain en Syrie. Ces situations implique...

Photo de Jean-Pierre VialJean-Pierre Vial :

Comme l'ont dit mes collègues, le principal enjeu est la prévision. Dès 2013, nous nous étions rendus à Gaziantep avec d'autres sénateurs ; l'Europe restait alors sourde aux appels de la Turquie. L'échec des hotspots est patent. Alors que seulement 20 % des réfugiés sont hébergés dans des camps, 80 % de l'aide est ciblée sur ces camps. Avez-vous prévu des mesures d'aide aux jeunes qui vivent en dehors ?

Photo de Simon SutourSimon Sutour :

Je l'ignorais. Si cette annulation est liée à la réunion de notre commission, c'est une bonne nouvelle. Sinon, ma remarque perdure. Je suis très sceptique quant aux chiffres indiqués, qui me paraissent très faibles. En septembre, plus de 200 000 réfugiés seraient arrivés en Allemagne. Au deuxième trimestre, l'Union européenne aurait reçu 213 000 demandes d'asile formelles dont 44 000 de Syriens. La réponse de l'Europe n'est pas à la hauteur de la situation, même si elle a toujours accueilli des réfugiés. Dans ma région Languedoc-Roussillon, nous n'oublions pas que quelque 500 000 réfugiés espagnols ont franchi les Pyrénées, lors de la Retirada, a...

Photo de Didier MarieDidier Marie :

Je tiens à vous féliciter, Monsieur le Président, pour votre intervention précise et large à la fois. Il faut parler de crise humanitaire et non migratoire, au vu de son ampleur. Les réfugiés sont 5 à 6 millions, dont plus de 2 millions en Turquie et environ un million au Liban - des réservoirs considérables. La crise durera, nous devons nous y préparer. La pression extrême sur les pays d'accueil a été identifiée : l'Italie - dont on parle moins ; la Hongrie ; la Grèce - démunie face à un flux qui augmente sans cesse. Il n'existe qu'un centre d'enregistrement des migrants à Athènes, a...

Photo de Alain RichardAlain Richard :

...urs qui influencent les mouvements que nous observons sont multiples. On connaît le nombre de demandes d'entrée mais le nombre d'installations réelles sur le territoire de l'Union européenne est plus difficile à évaluer. La croissance naturelle de la population française est de 350 000 personnes par an, le solde migratoire de plus de 100 000. Le pays semble l'absorber sans crise. La situation des réfugiés doit être bien distinguée de celle des autres migrants. La France est signataire depuis 64 ans d'un accord international l'obligeant légalement à accueillir des réfugiés, radicalement distincts des autres migrants. Sans émettre le moindre doute sur l'impartialité des juridictions, avec 70 % de demandes ne remplissant pas les conditions, le taux de sélection de la France est bien supérieur à celu...

Photo de Richard YungRichard Yung :

Nous butons, en effet, sur le problème des chiffres. Quelque 500 000 réfugiés sont arrivés au cours des six premiers mois de l'année, soit un million en un an. Cette tendance perdurera-t-elle ? Je note que 20 % d'un million égalent 200 000 personnes. Nous devons distinguer celles qui viennent pour une période limitée et rentreront chez elles de celles qui resteront. J'ai été frappé, lorsque j'habitais en Allemagne, par la reconduite amicale des ressortissants des Balkans v...

Photo de Pascal AllizardPascal Allizard :

Merci pour ces interventions nécessaires. Il faut éviter à la fois l'émotion et l'inhumanité sur ce sujet extrêmement sensible, en le traitant avec humanisme et responsabilité. La France a une tradition d'accueil et souscrit depuis longtemps à des engagements internationaux, auxquels je suis favorable. J'ai pris l'initiative, dans ma ville normande de Condé-sur-Noireau d'accueillir des réfugiés - trois familles maximum alors qu'une centaine de logements sociaux sont libres. J'ai été extrêmement surpris de la provenance de certaines réactions négatives. Elles m'ont poussé à m'interroger sur la capacité d'acceptation de la population, dont une proportion importante est à la limite du racisme, et sur l'incompréhension de ce que nous vivons actuellement. C'est extrêmement dangereux. Nous av...

Photo de René DanesiRené Danesi :

...Il y a de quoi s'interroger sur les statistiques de demandes d'asile. Au deuxième trimestre, la France se contente d'un nombre modeste, 14 700, soit 7 % du total, un peu faible pour la patrie des droits de l'homme et de la liberté. En face, l'Allemagne, qui n'a pas la même réputation dans le monde, a reçu 38 % des demandes ; la France est au même niveau que la Suède, alors qu'une bonne partie des réfugiés viennent d'un territoire anciennement sous mandat français. Il faut nous rendre à l'évidence : ils ne sont guère attirés par la France... Nous ne pouvons pas incriminer la position géographique de notre pays : la Suède est plus éloignée. Je me demande donc si une bonne partie d'entre eux ne sont pas des migrants économiques, qui savent comme tout le monde que l'Allemagne a un fort besoin en mai...

Photo de Michel BilloutMichel Billout :

...s affaires étrangères et de la défense est une bonne idée. Je lisais l'interview de Jacques Attali - qui n'est pourtant pas ma référence idéologique préférée... Je crois qu'il a raison de parler d'un monde qui passe d'une population sédentaire à une population de plus en plus mobile, pour différentes raisons, dont le changement climatique. Comment qualifier les migrants climatiques : sont-ils des réfugiés ou des migrants économiques ? Faut-il d'ailleurs faire cette distinction entre les « bons » réfugiés qui fuient la guerre et les « mauvais » migrants qui fuient la famine ? Serait-ce une moins bonne raison de se déplacer ? Outre son impréparation à cette situation, il semble difficile au monde politique de s'extraire de problématiques de politique intérieure, où règne la petite phrase, comme ce...