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Intervention de Stéphane Richard

Commission des affaires économiques — Réunion du 20 mai 2014 : 1ère réunion
Audition de M. Stéphane Richard président-directeur général d'orange

Stéphane Richard :

La valeur de Bouygues Telecom serait faite en grande partie des synergies que permet le rapprochement. La logique de concentration est aujourd'hui très puissante. Bouygues Telecom a un bel actif, son réseau, et une position de marché très exposée... Dans tous les cas de figure, l'Autorité en charge de la concurrence - la Commission européenne, vraisemblablement - procèdera à un examen, ce qui signifie que le processus peut être long. Pour notre part, si nous devions aller dans cette voie ce qui n'est absolument pas décidé à ce stade et qui n'est pas une nécessité pour Orange, nous essayerions de répondre par anticipation sur les remèdes. L'essentiel de la question porte sur le réseau. Il y a un acteur tiers dont l'intérêt naturel est de s'asseoir à la table. Se pose, ensuite, la question des parts de marché. Un rapprochement entre Bouygues Telecom et Orange donnerait un peu moins de 50 % pour le mobile, et 47 à 48 % pour le fixe. C'est certes un niveau un peu élevé, mais qui n'est pas très éloigné de ce que pèse Telefonica en Espagne. Il nous faudrait peut-être envisager des cessions de bases de clients pour que les parts de marché du nouvel ensemble ne dépassent pas un seuil psychologique, que l'on peut estimer à 40 % pour le mobile et 45 % pour le fixe. C'est faisable.

Cela dit, il serait bon que l'on regarde enfin le secteur avec d'autres lunettes que celles qu'ont chaussées les autorités en charge de la concurrence il y a vingt ans. On s'acharne, tant en France qu'à Bruxelles, à surveiller le niveau de concurrence dans notre secteur tout en marquant la plus grande indifférence pour ce qui se passe dans le reste de l'économie numérique - voir la manière dont Bruxelles a traité le dossier Google. Le décalage est consternant au regard de la réalité du monde numérique ; on laisse tranquillement prospérer quelques acteurs qui captent 90 % des parts du marché - position plus que dominante, écrasante - tout en s'acharnant sur les opérateurs de réseau. Il faut faire évoluer le débat.

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