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Intervention de Christian Cambon

Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées — Réunion du 29 mai 2019 à 9h40
Situation au venezuela — Audition de M. Lorent Saleh co-récipiendaire du prix sakharov 2017 pour la liberté de l'esprit décerné à l'opposition démocratique au venezuela

Photo de Christian CambonChristian Cambon, président :

Merci de votre témoignage qui nous laisse évidement un goût amer. Merci de nous permettre de comprendre la situation dans votre pays. Il faut informer les gouvernements et les parlements européens de ce que vous avez vécu. La force de votre témoignage n'échappe à personne. Le Sénat est à vos côtés, j'ai moi-même rencontré les représentants de M. Juan Guaido et le Président du Sénat est particulièrement attentif à la situation et tente par tous les moyens de faire évoluer les choses.

Alors, que pouvons-nous faire ? Nous sommes des responsables politiques, nous sommes là pour agir auprès de l'opinion publique, auprès du gouvernement, qui n'est pas resté inactif. La France, avec d'autres pays européens, a déjà pris plusieurs initiatives, notamment la création d'un groupe de contact international, qui réunit huit pays européens et quatre pays américains. Nous regrettons que d'autres pays européens ne s'y soient pas associés, notamment l'Italie, Chypre, ou la Slovaquie. L'Europe doit se mobiliser.

Ce groupe de contact tente de favoriser la médiation. Il y en a une qui se déroule en ce moment à Oslo, elle est compliquée car le gouvernement de M. Maduro semble insensible aux demandes qui lui sont présentées, notamment sur les conditions humanitaires que vous décrivez. La France a envoyé près d'un million d'euros, d'autres pays ont apporté leur concours, mais le problème est que l'aide n'entre pas dans le pays.

Nous ne pouvons soutenir une initiative militaire qui risquerait d'aggraver les choses, c'est ce que nous avons fait observer à nos alliés américains. Restent les options de la négociation et la médiation, mais pour discuter il faut être deux et, à cet égard, les choses semblent au point mort. Ce qui est essentiel, c'est de bien comprendre, bien mesurer ce qu'il se passe et il faut que vous continuiez la mission qui est la vôtre, à apporter votre témoignage.

Nous avons d'autres moyens d'influence. Nous avons un dialogue avec la Russie et dans ce cadre, nous pouvons l'interroger sur le rôle qu'elle joue dans cette crise, notamment sur la présence au Venezuela de centaines de miliciens, de soldats russes. Il s'agit là d'un conflit par procuration entre les États-Unis et la Russie qui, au Venezuela, se mesurent une fois de plus. Le rôle des Européens est de faire entendre leur voix. Il faut que votre message pénètre dans les institutions européennes pour faire émerger une position qui soit la plus large possible. Je me rendrai moi-même dans un mois à Chypre et je lui demanderai la raison pour laquelle ce pays a pris la décision de ne pas soutenir l'opposition.

Je voudrais répéter que nous sommes à vos côtés, avec les modestes moyens qui sont les nôtres. Mais le Sénat est aussi une chambre d'écho, votre témoignage ici sera diffusé et entendu par des centaines de millier de personnes.

Il y a cependant une question que je voudrais vous poser. Comment expliquez-vous que dans le contexte épouvantable que vous décrivez, que des personnes continuent à soutenir ce gouvernement ? Comment expliquez-vous que des gens puissent encore croire en Maduro?

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