Intervention de Christian Nibourel

Commission d'enquête Souveraineté numérique — Réunion du 17 juillet 2019 à 16h00
Audition de M. Laurent Giovachini pour le « comité souveraineté et sécurité des entreprises françaises » du medef et le syntec numérique et de M. Loïc Rivière délégué général de tech in france

Christian Nibourel, président du groupement de professions de services et de la commission mutations technologiques et impacts sociaux du Medef :

Il y a une prise de conscience, surtout dans les grandes entreprises, notamment après le RGPD. Nous devons soutenir des solutions juridiques, dont certaines existent déjà au travers de ce règlement. Il faut aussi réduire les risques pour les entreprises, qui ne savent pas toujours que la justice américaine peut aller chercher des données dans ces clouds. Il y a une déconnexion entre la réglementation française et le Cloud Act. La réponse devra être européenne avec de nouvelles réglementations.

Nous devons être prudents sur un futur RGPD des entreprises et sur la mutualisation des données d'entreprises, certaines données stratégiques sont le savoir-faire, la propriété de l'entreprise - il ne faudrait donc pas les divulguer. Avant de se poser la question de leur mutualisation, il faudrait segmenter les données. Le Health Data Hub va être bientôt créé, on en voit l'intérêt. C'est une solution d'avenir.

Si nous voulons devenir des leaders européens dans un certain nombre de domaines d'innovation, il faut un pilotage de l'innovation de rupture au niveau européen et prendre en compte la composante temps. Les innovations vont très vite. Il faut une vision et une permanence dans nos investissements, tout en étant capable de changer de cap rapidement pour pouvoir répondre aux nouvelles innovations.

Nous pouvons décider, par exemple dans la cybersécurité, avoir perdu la bataille du cloud, mais vouloir gagner la bataille des bases de données réparties, le edge computing.

Ne vaut-il pas mieux investir dans des start-up françaises ou européennes pour en faire des licornes, en travaillant sur des bases de données moins importantes pour entraîner les algorithmes ? Certains ingénieurs travaillent sur des technologies aboutissant aux mêmes résultats avec dix fois moins de données, en changeant la manière de développer les algorithmes. Nous pouvons prendre ce leadership, tout en sachant que, de toute façon, nous ne pourrons pas concurrencer les énormes bases de données. Nous pouvons aussi prendre le leadership d'une blockchain moins consommatrice d'énergie.

Avec le web sémantique, la donnée circule uniquement en fonction du besoin de calcul, mais reste la propriété du producteur. Il faut aller vers ce modèle : nous n'arriverons pas à copier les grands modèles américains, nous sommes trop en retard. Il vaut mieux se concentrer sur les futurs modèles. Actuellement, 80 % des données sont sur le cloud, 20 % sur le device. Demain, nous inverserons ce rapport. Nous avons besoin d'une organisation, d'un pilotage de l'innovation de rupture pour prendre de l'avance et s'affranchir de ces clouds.

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