Intervention de Laurent Giovachini

Commission d'enquête Souveraineté numérique — Réunion du 17 juillet 2019 à 16h00
Audition de M. Laurent Giovachini pour le « comité souveraineté et sécurité des entreprises françaises » du medef et le syntec numérique et de M. Loïc Rivière délégué général de tech in france

Laurent Giovachini, président du comité souveraineté et sécurité économiques des entreprises françaises du Medef et de la Fédération Syntec :

Si nous voulons être présents sur la prochaine vague de la révolution numérique, nous devons le faire à l'échelle européenne.

Nous avons la chance d'avoir en Europe un tissu industriel non négligeable, avec des grandes entreprises comme Thalès, de grandes sociétés de services du numérique - ex-SSII - comme Capgemini, Atos, Sopra Steria, des grands éditeurs de logiciels comme SAP en Allemagne ou Dassault Systèmes en France ; nous ne sommes pas démunis. Nous avons des start-up, mais, dans 80 % à 90 % des cas, elles sont rachetées pour devenir des sous-ensembles de grands groupes extraeuropéens.

En France, mais probablement aussi en Europe, nous devons faire en sorte que nos impôts, qui paient un appareil de formation qui reste l'un des meilleurs du monde avec des universités et des grandes écoles de qualité, ne conduisent pas à ce que les élèves de ces écoles aillent directement dans des GAFA ou dans des start-up intégrées dans ces entreprises quelques années après leur création... Nous avons des grandes entreprises industrielles, des grands éditeurs de logiciels mais, l'innovation technologique, l'innovation d'usage, qui vient des start-up, est bien souvent captée par des intérêts extra-européens. Il y a vingt ans, les banques américaines et britanniques débauchaient nos polytechniciens pour créer leurs produits structurés. Désormais, ce sont des sociétés comme Palantir Technologies qui captent nos meilleurs cerveaux.

Nous devons proposer des moyens publics et privés, non pour refaire ce qui n'a pas marché, comme le Plan calcul, mais pour que ces jeunes talents aient des débouchés européens. C'est ce qui manque actuellement. C'est une responsabilité partagée de l'État, et des entreprises.

L'Europe a réussi avec le RGPD à créer, sans le vouloir, un instrument à portée extraterritoriale qui défend nos valeurs. C'est donc possible. Certes, cela ennuie les entreprises et cela a un coût. Mais l'avantage, c'est que nos entreprises sont dans le continent où ce règlement a été conçu, elles ont donc un temps d'avance, alors que lorsque nous transposons des normes étrangères, et notamment américaines, nous avons deux temps de retard par rapport à nos concurrents. Nous pouvons être en avance sur les normes mondiales.

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