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Intervention de Muriel Domenach

Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées — Réunion du 18 décembre 2019 à 10h30
Audition de Mme Muriel Domenach ambassadrice auprès de l'organisation du traité de l'atlantique nord

Muriel Domenach, ambassadrice auprès de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord :

Dans la terminologie trumpienne, ce n'est pas bien méchant : déplaisant, désagréable. Il avait employé ce mot en parlant de Mme Vestaeger. Lors de la rencontre bilatérale, il n'y a pas eu de conflit. Le Président de la République a ensuite rencontré M. Erdogan en format UE 3, ce qui mutualise notre exposition à la Turquie. Et il a pris soin d'échanger avec la plupart de ses collègues en marge de la réception donnée à Buckingham. La plénière a été très intelligemment conduite : il a laissé les possibles fauteurs de troubles s'exprimer avant lui. Et il a conclu la séquence par une rencontre bilatérale avec le président polonais. Il a multiplié les messages d'assurance à nos alliés orientaux.

Au total, le but est atteint : le constat formulé par le Président de la République était au coeur des échanges. Le message a été entendu, au lieu qu'on tue le messager, et le génie est sorti de sa bouteille : le business as usual n'est plus envisageable. Un processus de réflexion sur les orientations stratégiques de l'Alliance se mettra en place sous les auspices du secrétaire général, et la machine ne pourra pas l'entraver. La question du renforcement des capacités européennes est clairement posée, tout comme celle des relations, tendues, avec l'allié turc. La Turquie reste dans le cadre de l'Alliance parce que nous n'avons ni l'option légale de remettre en cause cette situation, ni l'intérêt politique à le faire. Pour arrimer la Turquie à l'OTAN, il faut lui dire les choses plus clairement que cela n'a été fait jusqu'à présent.

Nous n'avons pas accepté que le PYD, qui est notre partenaire sur le terrain, et avec lequel le combat contre Daech continue, soit qualifié d'organisation terroriste, malgré la prise en otage par la Turquie de la promulgation du plan de réponse graduée polono-balte. Le Président de la République a aussi soulevé la question de la compatibilité de l'acquisition de S-400 avec la défense aérienne de l'Alliance. Celle des droits et responsabilités des alliés sera posée dans le cadre du processus de réflexion qui va être mis en oeuvre.

Certes, les termes choisis par le Président de la République n'ont pas facilité ma tâche localement, car beaucoup dans l'organisation les ont pris « personnellement ». Mais ils ont fait bouger les lignes. Reste que les enjeux de confiance dans le lien transatlantique, de solidarité avec la Turquie et de responsabilité des Européens demeurent. Ce n'est pas la France qui a fait advenir ces questions sur la solidité du lien transatlantique, les orientations de M. Erdogan, ou comment responsabiliser ses partenaires européens. A partir de ce que chacun voit et sait, nous avons lancé le débat. Celui-ci arrivera à son échéance en 2021, après l'arrivée d'une nouvelle administration américaine.

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