Photo de Bruno Sido

Interventions sur "satellite" de Bruno Sido


19 interventions trouvées.

J'ai commis un rapport, avec ma collègue Catherine Procaccia sur l'espace en 2012. Nous avions alors évoqué la question des débris et les États-Unis nous avaient prévenus d'une prévisible collision avec l'un de nos satellites, dont nous avions pu modifier, en temps voulu, la trajectoire. Dès lors, la modernisation de notre dispositif de radars garantira-t-elle notre entière autonomie, notamment par rapport à nos amis américains ?

...cements devaient respecter la préférence nationale, pour des motifs de secret défense. Et nous, les Européens, nous retenons en premier critère le coût, ce qui est ridicule. Il y a du souci à se faire, de mon point de vue, pour le programme européen. D'autant plus que, pour ce qui concerne la souveraineté, au fond, les Britanniques ont raison, on trouvera toujours un lanceur fiable pour lancer un satellite, sauf en cas de guerre. En revanche, en cas de guerre, nous ne pourrons rien lancer non plus de Kourou, parce qu'il faudra transporter nos fusées en Guyane en traversant l'océan, avec le risque d'une attaque par un sous-marin. Il faudrait développer notre centre spatial à Solenzara en Corse, mais on sait très bien que si on s'installe là, à la même latitude que les Russes dans le Kazakhstan, on p...

Pour ce qui me concerne, je considère qu'Ariane 6 est un avatar d'Ariane 5, sans réelle nouveauté majeure : on a essayé de construire un lanceur « low-cost » pour continuer à disposer de notre propre lanceur, mais il n'a aucune des qualités requises pour demain. En particulier, les constellations de satellites réclament une précision extraordinaire de positionnement, et par conséquent cela réclame un moteur à poussée modulable, que nous n'avons pas. Pour construire un tel moteur à poussée modulable, il faudrait 10 à 15 ans de développement. Donc, nous allons produire Ariane 6, qui fonctionnera, avec des subventions pour équilibrer le plan de commercialisation, puis tout s'arrêtera tout doucement.

En conclusion, il ne faut pas oublier qu'Ariane 5 n'a pas été prévue à l'origine pour lancer des satellites, mais pour lancer la navette Hermès. Et donc si par exemple le moteur Vulcain s'allume quelques secondes avant le décollage, c'est parce que le protocole le prévoyait, s'il y avait des hommes à l'intérieur de la navette, pour vérifier son bon fonctionnement. On a réussi à utiliser Ariane 5 en couplant deux satellites de 10 à 12 tonnes. Mais cette méthode présente des défauts, avec un manque de c...

... retenue sera plus chère qu'auparavant et aboutira à des produits certainement moins fiables. Les prix que vous allez pratiquer vont-ils permettre de concurrencer efficacement Space X qui bénéficie d'implantations industrielles intégrées ? Ma seconde question sera plus politique. En Europe, nous sommes des libéraux béats et l'Europe a décidé de jouer le jeu de la concurrence industrielle pour nos satellites institutionnels. Que pensez-vous d'une telle situation ?

... 1 à 10 cm et des dizaines de millions d'objets de moins de 1 cm. Ces débris peuvent rester en place pendant des dizaines d'années, voire de manière permanente, en fonction de leur éloignement, avant de retomber éventuellement dans l'atmosphère. Comme leur vitesse de déplacement, très élevée, leur donne une énergie cinétique importante, ils occasionnent des dégâts considérables s'ils heurtent un satellite : aucun blindage ne résiste à un débris de plus de 2 centimètres, tandis qu'un satellite touché par un débris de plus de 10 centimètre est tout simplement détruit. À ceci il faut ajouter les dégâts différés : un satellite détruit produit lui-même une quantité considérable de nouveaux débris. Le risque est donc, à terme, l'enclenchement d'un processus auto-entretenu dans lequel les débris créerai...

...voquées se sont déjà produites dans l'espace, mais elles sont restées très rares. Les actuaires travaillant sur les statistiques en ce domaine estiment que le coût d'une intervention préventive est disproportionné par rapport au risque potentiel de collision. Les orbites les plus intéressantes, situées entre 400 et 800 km d'altitude, appartiennent au patrimoine mondial. En-dessous, on trouve des satellites militaires réalisant des opérations ponctuelles. Au-dessus, l'orbite géostationnaire présente peu de risques car la vitesse de rotation est identique pour tous les satellites. Les États-Unis n'ont pas intérêt à ce que les débris se multiplient ; ils seront donc enclins à nous prévenir des risques de collision. À la limite, il n'y a qu'à les laisser faire ! Un dispositif tel que le radar GRAVES ...

J'ai des interrogations générales sur lesquelles je n'attends pas nécessairement de réponse : que pensez-vous des satellites électriques, de la pertinence du projet Ariane 6 et du manque de places en orbite géostationnaire ? Dans le cadre de la présente audition, que répondez-vous aux critiques relatives à la fiabilité de la solution satellitaire ? La réception satellitaire n'a pas une bonne notoriété : dans mon territoire, les citoyens considèrent qu'ils ont droit à la fibre, même si on leur paie l'abonnement KA-SAT....

...es domaines comme l’énergie ou la bioéthique, qui sont l’objet de nombreux travaux de l’Office parlementaire. Ensuite, je suis particulièrement heureux de ce débat sur la politique spatiale parce qu’il nous semble, avec Catherine Procaccia, que l’espace n’a peut-être pas – justement – la place qu’il mérite dans le débat public et parlementaire. Comme on a pu le voir récemment avec les images du satellite Planck de l’Agence spatiale européenne, qui dévoilent les débuts de l’univers, la recherche française et européenne a conduit à des résultats remarquables. Mais ceux-ci demeurent trop méconnus. Qui sait, par exemple, parmi nos concitoyens, que le robot Curiosity, que la NASA a fait atterrir d’une manière remarquable sur Mars au cours de l’été dernier, est en réalité issu d’une coopération franco-...

Nous nous sommes vus à Kourou, et cela nous avait beaucoup aidés à rédiger notre rapport. Président-directeur général d'Arianespace, vous êtes bien placé pour savoir ce qu'a été l'histoire d'Ariane 5, initialement prévue pour les satellites Hermes, ce qui explique sa taille et sa capacité. Remarquablement sûre et robuste, cette fusée a effectué plus de cinquante lancements sans échec : ni les Russes, ni les Américains ne peuvent en dire autant. Cela dit, d'un point de vue commercial, nous arrivons au bout d'un cycle. Pouvez-vous nous en dire plus sur Ariane 6 ? C'était le grand sujet de notre rapport. Je comprends qu'elle est conçu...

...aient redondantes par rapport aux compétences existant déjà sur le territoire européen. Enfin, l'Union européenne doit reconnaître comme prioritaire l'application d'un principe de préférence européenne. Ce principe doit entraîner l'obligation de recourir à ses propres lanceurs. Ce n'est pas le cas actuellement, comme l'illustre le recours à un lanceur russe (Rockot) pour le lancement de certains satellites du programme GMES. Quant à l'ESA, elle doit faire évoluer sa règle de « retour géographique », d'après laquelle plus un État contribue à un programme, plus son industrie reçoit de contrats pour la réalisation de ce programme. Suivant une logique inverse, une règle de « juste contribution » de chaque État, en fonction de l'implication de son industrie dans les projets, paraîtrait préférable. La...

Les Allemands veulent continuer le programme Ariane 5 ME, plutôt que d'aller vers une Ariane 6. Mais cela implique de réaliser systématiquement des lancements doubles, obligeant les opérateurs de satellite à s'appareiller deux par deux. La concurrence mondiale sur les lanceurs, notamment en provenance de pays émergents, va s'accroître. Le Brésil dispose, par exemple, d'une base de lancement, même si le dernier tir a été un échec. Ariane 5 ME est comparable à l'actuelle version d'Ariane ECA : elle nécessite le lancement simultané de deux satellites, et donne donc lieu à deux fois moins de lancemen...

La coopération internationale est indispensable pour la gestion de ces débris. L'Europe est en retard : elle ne possède qu'un vieux radar, qui ne peut que repérer les déchets de plus d'un mètre de long. Or, ces derniers sont létaux dès 10 cm, et même moins. La difficulté provient du regroupement de l'ensemble des satellites sur périmètre restreint. Seuls les États-Unis sont capables de localiser précisément les débris et de nous prévenir de leur proximité, afin d'ajuster la trajectoire des satellites en conséquence. Leur motorisation électrique devrait permettre de les mouvoir plus facilement. L'idéal serait toutefois d'être plus indépendant dans le repérage des débris. En matière de communication sur l'espace, il...

...Chine ou l'Inde, misent aussi sur ce secteur, au service de leur développement et pour s'affirmer sur la scène internationale. Vous trouverez des développements sur les politiques spatiales russe et chinoise dans des notes annexées au rapport. Dans ce contexte, il est indispensable d'aider l'industrie européenne à demeurer compétitive, en poursuivant le soutien apporté à la filière européenne de satellites de télécommunications par de grands programmes structurants, et en suscitant le développement d'une filière européenne de satellites à propulsion tout-électrique. Le marché semble mûr pour cette technologie du « tout-électrique » : il s'agit d'utiliser la propulsion électrique non seulement pour des ajustements de la trajectoire des satellites, ce qui est déjà le cas aujourd'hui, mais aussi po...

... terrestre, qui est aujourd'hui devenue un enjeu scientifique et économique majeur. L'Europe doit se donner pour priorité de demeurer précurseur dans ce domaine, dans le prolongement de missions déjà réalisées par le CNES et par l'ESA, parfois en coopération avec d'autres pays. L'Europe dispose d'une compétence reconnue dans ce que l'ESA nomme les « explorateurs de la Terre », c'est-à-dire les satellites d'observation dédiés à l'étude de domaines précis tels que l'océanographie, l'étude des sols, de l'eau, de la glace, de l'atmosphère ou encore du champ magnétique. L'observation spatiale présente l'avantage d'offrir une vision globale et continue dans le temps, qui permet des progrès considérables de la recherche sur l'environnement et le climat. Elle sera un instrument essentiel à l'évaluation...

...ers le militaire, et non en sens inverse comme aux États-Unis. Notre rapport ne portait pas sur le volet militaire mais nous avons rencontré le Commandant interarmées de l'espace qui nous a présenté cette structure récente qu'est le CIE ainsi que le dispositif de surveillance de l'espace, en ce qu'il surveille notamment les débris. A partir de 1 cm, un débris peut endommager très sérieusement un satellite. Un débris de 10 cm est létal, en raison de son énergie cinétique. Aller chercher les débris est délicat car cela soulève des questions de sécurité. La mutualisation avec les Allemands est effectivement problématique. On le voit dans le débat Ariane 5ME / Ariane 6. Les Allemands veulent s'imposer au plan industriel. Ils feront tout pour qu'Ariane 5ME se fasse, quitte à perdre à terme l'indépend...

A priori, il y a davantage de satellites militaires que civils, notamment aux États-Unis et en Russie. Il n'y a que l'Europe qui fait exception avec des budgets militaires plus marginaux. L'activité du lanceur européen Ariane 5 provient essentiellement du marché commercial, alors que ses concurrents peuvent s'appuyer sur un marché institutionnel, essentiellement militaire, beaucoup plus important. Le CNES développe de très nombreux p...

...e ? Il s'agit pour l'Europe de conserver le rang auquel elle est parvenue grâce à ses efforts passés. En effet, autonome dans l'accès à l'Espace, l'Europe est présente dans tous les autres domaines spatiaux, à l'exception du vol habité. L'une de ses réalisations majeures est le programme Ariane. Rappelons qu'au début des années 1960, la France et l'Allemagne avaient mis en place un programme de satellites de télécommunications, appelé Symphonie. Ces satellites devaient être lancés par Europa, premier programme de lanceur européen, qui s'est soldé par un échec. Les Américains ont accepté de lancer Symphonie, mais en exigeant de l'Europe que ces satellites n'aient aucune utilité opérationnelle, car ils faisaient concurrence aux leurs. Les satellites Symphonie n'ont par conséquent servi qu'à des dém...

... déjà des fusées dont les derniers étages sont ré-allumables ce qui leur permet de les faire retomber dans l'atmosphère après usage. Le prochain lanceur européen devrait aussi permettre cette rentrée atmosphérique. Par ailleurs, les Européens sont incapables de détecter des objets de moins d'un mètre dans l'Espace. Les Américains le peuvent mais n'ont pas été capables de prévoir le choc entre les satellites Iridium et Cosmos. Je pense aussi que la recherche duale doit être développée. Les Américains sont autosuffisants grâce à leur marché domestique, tandis que l'Europe dépend d'un marché des télécommunications en déclin. La recherche militaire européenne connaît un retard important par rapport aux États-Unis. Les règles ITAR manifestent une véritable dépendance. Lorsque les Américains nous vende...