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Yves Détraigne
Question écrite N° 23818 au Ministère de l'enseignement


Paupérisation étudiante

Question soumise le 15 juillet 2021

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M. Yves Détraigne souhaite appeler l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation sur les conclusions rendues récemment par la mission sénatoriale d'information sur les conditions de la vie étudiante.

Avec la crise sanitaire, la disparition de nombreux emplois saisonniers ou largement occupés par des étudiants ainsi que le report voire l'annulation de certains stages et alternances ont entraîné une baisse significative de leurs revenus. Dans le même temps, la fermeture des universités et la mise en place des cours à distance a ajouté l'isolement et l'exclusion sociale à la détresse économique. Si la pauvreté étudiante existait en France avant, elle s'est largement aggravée.

Parmi les préconisations formulées par la mission d'information, est proposée l'inscription de l'enseignement supérieur au cœur des politiques d'aménagement du territoire, à savoir une déconcentration des grands pôles universitaires au profit d'universités de taille humaine et une territorialisation des objectifs de construction de logements étudiants en fonction du nombre d'étudiants. L'accueil d'un nombre croissant d'étudiants dans les établissements et singulièrement dans les universités a jusque-là été privilégié au détriment de la qualité d'accueil et d'accompagnement de ces derniers. Penser « plus local » et « moins global » pourrait améliorer la situation des étudiants.

Dans un même temps, la mission demande une réforme du système des aides étudiantes pour aller vers un système plus lisible et moins morcelé, donc plus accessible. Les sénateurs proposent d'évoluer vers un dispositif de « guichet unique » en matière d'aides directes, qui pourrait être le réseau des Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS). De même, ils considèrent qu'afin d'éviter les effets de seuil, le soutien financier devrait s'organiser à partir du « reste à charge » des étudiants et non plus du revenu de leur famille. Le reste à charge serait alors calculé en fonction du budget moyen lié à la poursuite des études, par rapport aux ressources de la famille, et aux revenus tirés d'une éventuelle activité salariée des étudiants.

Considérants que les étudiants et les apprentis représentent un investissement impératif pour le pays et un atout formidable pour l'avenir, le sénateur demande à la ministre de lui indiquer, d'une part, quelle est sa position quant aux préconisations formulées par la mission sénatoriale et, d'autre part, de quelle manière elle entend lutter de façon pérenne contre la paupérisation étudiante.

Réponse

Cette question n'a pas encore de réponse.

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