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Valérie Boyer
Question d'actualité au gouvernement N° 47 au Ministère de l'europe


Situation en Arménie

Question soumise le 20 octobre 2022

M. le président. La parole est à Mme Valérie Boyer, pour le groupe Les Républicains.
(Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

Mme Valérie Boyer. Madame la ministre de l'Europe et des affaires étrangères, j'associe à ma question les amis de la justice et de la liberté et, en particulier, les membres du groupe d'amitié France-Arménie.

Le 13 septembre, l'Azerbaïdjan a lancé une nouvelle offensive contre l'Arménie. Malgré l'indifférence presque générale qui règne, c'est bien une nouvelle guerre de conquête et d'extermination qui se joue aux portes de l'Europe. Elle s'accompagne d'un premier lot de crimes de guerre, fièrement exhibés sur la toile par les militaires azerbaïdjanais se filmant dans leurs œuvres de viol, de torture et de démembrement.

Cette logique génocidaire, cette arménophobie, ce racisme d'État pratiqués par l'Azerbaïdjan avec le soutien de la Turquie n'ont pas vocation à s'arrêter à ce pays. Ilham Aliev a d'ailleurs déclaré vouloir « chasser ces chiens d'Arméniens ».

Alors, madame la ministre, que comptez-vous faire pour éviter que cette part de l'histoire de l'humanité, que ce pays souverain, la République d'Arménie, ne disparaisse ?
(Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes UC et SER.)

Réponse émise le 20 octobre 2022

M. le président. La parole est à Mme la ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

Mme Catherine Colonna, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Madame la sénatrice Boyer, je vous remercie de cette question qui me permet de revenir sur quelques points évoqués récemment ici même.

Vous le savez, la France est pleinement solidaire de l'Arménie face aux violations de sa souveraineté, pour stabiliser la situation, pour que le pays recouvre son intégrité territoriale et pour accompagner la reprise des négociations.

Cette mobilisation porte ses fruits. Outre la relance de la dynamique au Conseil de sécurité des Nations unies sous présidence française, les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne ont décidé, lundi, le lancement rapide d'une mission européenne d'observation, qui se déploiera le long de la frontière arménienne.

Cela a été rendu possible par l'accord trouvé entre les deux pays sous l'égide du Président de la République, qui y a consacré du temps dans la nuit du 6 au 7 octobre.

Comme le souhaitait l'Arménie, par ailleurs, nous sommes parvenus également à faire accepter une mission d'évaluation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui sera sur place dès vendredi et qui permettra de dresser un constat de la situation et des besoins, notamment humanitaires. Elle visera à relancer le processus de négociation et de délimitation de la frontière.

J'avais évoqué avec vous ces trois sujets, tous les trois ont avancé. Aucun de ces progrès n'aurait été possible sans l'engagement de la France, jusqu'au plus haut niveau de l'État, madame la sénatrice.

Vous le voyez, l'Arménie peut compter sur la France, qui œuvre pour la paix et pour la stabilité dans le Caucase, dans l'intérêt de tous.

M. le président. La parole est à Mme Valérie Boyer, pour la réplique.

Mme Valérie Boyer. Comment y croire, madame la ministre ? Comment croire une Europe qui, d'un côté, envoie cette mission civile sur place, mais qui, de l'autre, renforce la coopération avec l'Azerbaïdjan, notamment en matière énergétique ?

Avec Ursula von der Leyen, qui voit en Aliev un partenaire fiable sur lequel on peut compter, Bruxelles est prête à sacrifier la vie des Arméniens sur l'autel de ses intérêts énergétiques. Qu'en est-il vraiment de la France ? La vie des Arméniens vaut-elle moins que celle des Ukrainiens ? Cette tartufferie européenne va plus loin encore, puisque le gaz vendu par l'Azerbaïdjan proviendrait d'une exploitation détenue en partie par une société russe.

L'Arménie est une part de nous-mêmes, une part de notre civilisation, de notre culture, de nos croyances. Notre calendrier prévoit même une journée nationale pour commémorer le génocide de 1915. Les Arméniens ne demandent qu'une chose : le droit de vivre et de disposer d'eux-mêmes.

Ce qui est valable pour la Russie devrait l'être pour l'autocratie azerbaïdjanaise. Il y a d'ailleurs une entente entre ces deux pays. « Poutine veut prendre la géographie. Aliev veut annuler l'Histoire. Le premier conquiert. Le second efface. », écrit justement Sylvain Tesson, ce grand témoin.

Demandons des sanctions contre l'Azerbaïdjan et appliquons-les ! Gelons les avoirs du clan Aliev sans avoir la main qui tremble ou qui triche ; opposons-nous à la diplomatie de la menace, à la caviarconnection ; envisageons un soutien militaire, des armes pour l'Arménie ! Ce que nous avons fait pour le Mali, pourquoi ne pas le faire pour l'Arménie ? Enfin, dénonçons cet accord inique sur le gaz.

Refuser ces sanctions, ce serait cautionner l'épuration ethnique des Arméniens, une nouvelle phase du génocide, peut-être la Solution finale pour eux ! Cela reviendrait à clamer à la face du monde que les valeurs dont nous nous réclamons ne sont que des supercheries. Agissons concrètement ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes UC et SER.)

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