Interventions sur "armée"

328 interventions trouvées.

Photo de Olivier CigolottiOlivier Cigolotti, rapporteur :

L'accord intergouvernemental dont il nous est demandé d'approuver la ratification porte sur le programme de modernisation de la capacité motorisée de l'armée de terre belge, résumé par l'acronyme CaMo pour « Capacité motorisée ». Ce projet remarquable a pour point de départ la volonté du gouvernement belge, affirmée en 2016, de moderniser l'ensemble de son armée. C'est également dans ce cadre que la Belgique vient d'annoncer le week-end dernier l'achat conjoint, avec les Pays-Bas, de nouveaux chasseurs de mines pour un montant de deux milliards d'eur...

Photo de Ronan Le GleutRonan Le Gleut :

...me européen de développement industriel de défense (Pedid), la coopération structurée permanente, la revue annuelle coordonnée de défense, et hors UE l'initiative européenne d'intervention, la défense européenne se construit aussi par des choix concrets et bilatéraux. L'état-major de marine commun entre les Pays-Bas et la Belgique en est un exemple, tout comme l'intégration de deux régiments de l'armée de terre néerlandaise dans des brigades allemandes. Le programme CaMo donne la possibilité d'intégrer un sous-groupement tactique interarmes de l'un des deux pays dans un groupement tactique interarmes de l'autre, sans entraînement préalable particulier.

Photo de Alain CAZABONNEAlain CAZABONNE :

Un contrat de cette nature pourrait approfondir notre coopération avec le Benelux. L'harmonisation du matériel et surtout des munitions est également une perspective bienvenue, après les problèmes de compatibilités que nous avons rencontrés avec l'armée allemande. Cela préfigure-t-il l'amorce d'un commandement militaire coordonné alternatif au commandement américain dans le cadre de l'OTAN, qui peut engendrer des pressions dans le choix du matériel notamment aéronautique ?

Photo de Olivier CigolottiOlivier Cigolotti, rapporteur :

...e longue tradition de coopération opérationnelle : ils étaient présents à nos côtés au Kosovo et en Afghanistan, ainsi qu'en République centrafricaine. Cette collaboration industrielle la prolonge en l'amplifiant. La Belgique s'est dotée en 2016 de l'équivalent de notre LPM, la Vision stratégique pour la défense belge, qui détaille les caractéristiques des matériels les plus performants pour leur armée. Dans un second temps, elle a recherché des partenariats pour se procurer ces matériels, arrêtant son choix sur le Griffon et le Jaguar, jugés les plus adaptés aux besoins de son armée de terre. Son choix est d'autant plus remarquable que la Belgique dispose d'industriels ayant des compétences dans le domaine terrestre, comme CMI Group ou FN Herstal. Le partenariat profitera à l'industrie belge....

Photo de Olivier CigolottiOlivier Cigolotti, rapporteur :

Les officiers supérieurs de l'armée de terre qu'Hélène Conway-Mouret, Ronan Le Gleut et moi-même avons rencontrés ont une vision très positive de ce partenariat et du travail en commun qu'il permettra.

Photo de Hélène Conway-MouretHélène Conway-Mouret :

Au-delà de la dimension politique du partenariat, les militaires sont en effet très allants sur cette coopération, comme nous l'avons entendu aussi à Bruxelles. Je propose donc que nous recevions également des représentants de l'armée belge.

Photo de Hugues SauryHugues Saury, co-rapporteur :

... à découvrir ce pays complexe. L'image internationale de la Colombie est très associée à celle du narcotrafic et des FARC. Après l'accord de paix, celles-ci ont évolué vers une représentation démocratique et leurs membres se sont présentés aux différentes élections. Quel est leur devenir ? Assiste-t-on à un processus de disparition de ce mouvement créé il y a 55 ans, qui n'existe plus comme force armée et n'a pas trouvé sa place comme force démocratique ? Le niveau de violence est très important dans ce pays depuis toujours. Il avait tendance à décroître depuis 2012, mais on a vu en 2018 une forte augmentation du nombre d'homicides. Pourquoi ce sursaut ?

Photo de Marie-Françoise Perol-DumontMarie-Françoise Perol-Dumont :

...ible de l'iceberg que constituent les violences et les meurtres. Alors qu'au début les Colombiens ont accueilli de façon positive la vague d'immigration vénézuélienne, ils sont de plus en plus inquiets, car ils y voient un vivier pour les guérilleros, dans la mesure où les immigrants vénézuéliens sont souvent très démunis. Certains observateurs s'inquiètent de l'éventualité d'une utilisation de l'armée colombienne par les Américains pour intervenir au Venezuela. Cela vous paraît-il plausible ? Nous allons débattre très prochainement de la loi d'orientation et de programmation de notre aide publique au développement (APD). En Colombie, nous conduisons depuis de nombreuses années une action extrêmement offensive et nous obtenons de réels succès. Le nouveau contexte y appelle-t-il une réorientati...

Photo de Gisèle JourdaGisèle Jourda :

...nses unies de Colombie (AUC) ? Ces groupes paramilitaires s'étaient constitués en brigades autonomes, surtout dans le monde agricole, en réaction aux actions des guérilleros et des FARC. Après la loi Justice et Paix de 2005, les miliciens de l'AUC se sont-ils reconvertis en ces bandes criminelles qu'on appelle les Bacrim ? Peut-on établir l'existence de convergences entre ces Bacrim et les forces armées ?

Photo de Olivier CadicOlivier Cadic :

Je suis allé deux fois en Colombie, dont une fois récemment. La France y est le premier employeur étranger, avec 120 000 emplois directs. Je souhaite saluer la qualité de notre ambassadeur à Bogota, M. Gautier Mignot. La situation du Venezuela se ressent aussi en Colombie, avec un trafic de pétrole à la frontière, qui finance l'armée vénézuélienne. Les stocks de drogue atteignent un niveau record. Le fait d'avoir donné la priorité au terrorisme nous a fait baisser la garde dans la lutte contre le trafic de drogue. Du coup, ces substances entrent sur nos territoires. Un bon indicateur est le prix du gramme dans les rues, beaucoup plus faible en Europe qu'au Japon. Légaliser ? Même dans nos services de sécurité, après des déc...

Photo de Cédric PerrinCédric Perrin :

...de l'EMA et de la direction stratégique de la DGA. Est-ce suffisant pour impulser la révolution attendue dans le domaine de l'innovation ? Dans ce contexte, le foisonnement des acteurs de l'innovation, ne nuira-t il pas à l'efficacité des résultats ? Risque-t-on un émiettement des crédits ou leur centralisation car les acteurs sont très nombreux ? Donner quelques millions aux différents Lab des armées pourrait s'avérer décisif, créer des relais de captation locale de l'innovation serait très souhaitable, tous ceux qui connaissent la richesse des pôles de compétitivité -d'ailleurs en cours de réforme- le savent. Mais l'innovation devient de plus en plus chère : pour être plus rapide et pour intégrer le coût de l'acceptation de l'échec (on le sait, la DARPA fonctionne sur des niveaux de reche...

Photo de Jacques Le NayJacques Le Nay :

Merci pour votre présentation. Nous voyons très clairement les enjeux stratégiques pour nos armées, notamment compte tenu des nouvelles technologies du numérique. Si la création de l'Agence de l'innovation de défense est essentielle pour nos armées, il apparaît que le budget dédié à l'innovation de rupture demeure trois fois inférieur à celui de la DARPA. Cela a déjà été dit ! Dans ce contexte, la France peut-elle rester dans la course l'innovation et être à même de rivaliser ? Doit-on s'appu...

Photo de Hugues SauryHugues Saury :

...ion porte sur l'intelligence artificielle qui a un rôle immense à jouer dans l'innovation de la défense. Dans plusieurs interviews, vous avez indiqué que l'intelligence artificielle dans le domaine militaire devait servir trois objectifs : faire mieux et plus vite que l'homme, faire à la place de l'homme et faire à l'appui de l'homme. Pourriez-vous nous dire quel est l'objectif prioritaire pour l'armée française et nous donner des exemples concrets de mise en oeuvre ? Plus globalement, sommes-nous engagés dans une stratégie qui tend vers l'assistance de l'homme ou son remplacement ?

Photo de Joëlle Garriaud-MaylamJoëlle Garriaud-Maylam :

... classe 10e dans le dernier classement Bloomberg des États en matière d'innovation, la première étant la Corée du Sud. Vous évoquiez Singapour, avez-vous déjà rencontré vos homologues à Séoul ? Une visite en Corée du Sud est-elle prévue ? J'aurais une autre question. L'innovation doit être au service de la souveraineté numérique. Mais comment assurer cette souveraineté alors que le ministère des Armées dépend largement de Microsoft ?

Photo de Jean-Louis LagourgueJean-Louis Lagourgue :

L'intervention de la France a-t-elle, à votre connaissance, permis de stabiliser la région ? La France viendrait-elle en aide au gouvernement tchadien pour d'autres opérations ? L'armée tchadienne avait-elle réellement besoin de notre soutien pour intervenir contre cinquante pick-up ?

Photo de Ladislas PoniatowskiLadislas Poniatowski :

Je vous remercie pour la précision de vos explications, d'autant que celles de Jean-Yves Le Drian devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale - la France aurait agi pour éviter un coup d'État - n'avaient pas semblé très crédibles. Ce dernier, comme le Président de la République, a affirmé que l'intervention de l'armée française au Tchad n'avait aucun rapport avec l'opération Barkhane. Pour autant, l'avenir de celle-ci, que je soutiens, interroge. Légalement, un vote du Parlement aurait dû intervenir au moment de la régionalisation de « Serval » en « Barkhane », dans le délai de quatre mois, pour en autoriser sa prolongation.

Photo de Jacques Le NayJacques Le Nay :

Dans la région du Sahel, où la menace est perpétuelle, le niveau d'emploi de l'armée française demeure, depuis 2014, supérieur de 30 % aux prévisions du Livre blanc. Il ne fait aucun doute que les frappes récentes ont nécessité des moyens importants. Alors que des incertitudes financières pèsent sur les opérations extérieures (OPEX), ces coûts seront-ils imputés au programme 178 « Préparation et emploi des forces » ? Leur prise en charge entrainera-t-elle l'annulation d'autres dé...

Photo de Jean-Marie BockelJean-Marie Bockel :

Je rejoins l'analyse de mon collègue Cédric Perrin : avec la fin de l'opération Sangaris en Centrafrique, certains profitent du vide laissé pour renforcer leur influence. Le Tchad représente un allié stratégique pour la France dans la région, ce qui justifie notre récente intervention. Pourquoi cependant, au regard du caractère circonscrit du danger, l'armée tchadienne n'a-t-elle pas directement agi ? Il y a ici un mystère... Quel est, enfin, votre sentiment sur les propos du colonel Legrier, en poste dans l'opération Chammal qui ont récemment créé la polémique dans les médias ? Le mien est incertain...

Photo de Christine PrunaudChristine Prunaud :

Pourquoi l'armée tchadienne n'a-t-elle pas combattu elle-même le groupe venu du Sud de la Libye ? Qui compose ces groupes armées ? De quel appui disposent-ils en Libye ? Comment, notamment, se fournissent-ils en matériel et en armes ?

Photo de Olivier CigolottiOlivier Cigolotti :

La France est engagée au sein du G5 Sahel, auprès duquel est également impliquée l'armée tchadienne. Il n'est pas possible de nous en retirer, car la région constitue un terreau du terrorisme islamique. Le Tchad représente un allié solide, mais ne payons-nous pas, en l'espèce, au prix fort notre soutien au maréchal libyen Haftar ?