Interventions sur "artificielle"

118 interventions trouvées.

Photo de Marie MercierMarie Mercier :

...Certes, un monde où l’ensemble des tâches, des plus banales, comme conduire une voiture ou faire la cuisine, aux plus complexes, comme analyser une masse de documents, seraient effectuées par des machines, cela relève encore de la science-fiction. Cependant, la révolution des robots est déjà là. Une technologie joue un rôle important dans ce vaste mouvement vers l’automatisation : l’intelligence artificielle, l’IA. Elle a connu un essor spectaculaire durant la dernière décennie, avec le développement de l’apprentissage automatique ou les réseaux de neurones profonds. La mise en réseau des informations à travers l’internet et, maintenant, l’internet des objets, la capacité de traiter de gigantesques masses de données : tout cela permet d’affiner le comportement des machines et de les mettre en mesure...

Photo de Roger KaroutchiRoger Karoutchi :

Vous avez relevé, à la suite de nos excellents rapporteurs, l’existence de nombreuses initiatives en matière de recours à l’intelligence artificielle dans l’éducation, dans le secteur du tourisme, dans celui des plateformes, etc. Au-delà de ce que l’on peut craindre, imaginer, espérer de la robotisation, ne croyez-vous pas que nous aurions collectivement intérêt à élaborer, en transcendant les clivages, un texte, une sorte de loi-cadre, à l’exemple de ce qui a été fait aux États-Unis, en Israël ou en Corée du Sud, pour nous projeter à dix ans...

Photo de Franck MontaugéFranck Montaugé :

Plus encore que celle du devenir des emplois de service, la sophistication toujours croissante de la robotisation, avec le développement de l’intelligence artificielle, pose la question de la transformation profonde du travail et de sa place dans la société. Yann Le Cun, grand spécialiste français de l’intelligence artificielle, récent lauréat du prix Turing, nous dit qu’il « n’est pas sûr que la révolution de l’IA profite à tous ». Il estime que « tous les métiers sont concernés par ce changement » et que « l’IA rend plus précieux ce avec quoi elle ne peut ri...

Photo de Éric GoldÉric Gold :

... travail difficiles, avec des tâches traumatisantes pour le corps et, parfois, la violence physique et verbale de personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Au Japon, où la question du vieillissement de la population se fait encore plus prégnante, on estime qu’il manquera 370 000 soignants en 2025. Pour pallier cette pénurie de personnel, le gouvernement japonais mise sur l’intelligence artificielle et les robots infirmiers et d’assistance aux personnes âgées, allant du bras articulé au robot émotionnel qui tient compagnie aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et calme leur anxiété. Pour l’heure, ces outils sont utilisés en maisons de retraite, mais on en voit déjà les applications possibles pour le maintien à domicile. Dans ce domaine, la domotique permet déjà d’améliorer le co...

Photo de André GattolinAndré Gattolin :

C’est une réalité, la robotisation et l’intelligence artificielle sont en train de bouleverser le marché du travail. L’OCDE annonce qu’un emploi sur six sera détruit par la numérisation de l’activité économique, et un sur trois substantiellement transformé. Ces chiffres peuvent faire peur, mais ces technologies représentent aussi un véritable moteur de croissance et un gisement d’emplois potentiels : plus de 600 000 postes d’expert en numérique seraient vacant...

Photo de Fabien GayFabien Gay :

La question de la robotisation, de l’intelligence artificielle et, plus largement, de la numérisation renvoie à celle de la société à venir. Engendrant autant de craintes qu’elle ouvre de perspectives, la numérisation concerne aujourd’hui tous les champs d’activité : l’industrie, bien sûr, mais aussi les services, la santé, l’éducation, etc. Sur le plan social, conduira-t-elle à une déshumanisation ou sera-t-elle au service de l’humain ? Quant à l’environn...

Photo de Cyril PellevatCyril Pellevat :

Le rapport de nos collègues Marie Mercier et René-Paul Savary montre à quel point la robotisation, associée à une utilisation croissante de l’intelligence artificielle, bousculera tous les pans de notre existence : l’emploi, mais aussi nos modes de déplacement, nos loisirs, chacune de nos activités quotidiennes. Or, dans ce domaine, la France et l’Europe se sont laissé distancer par les États-Unis, forts de la puissance de frappe des Gafam, qui disposent d’un véritable trésor de guerre – les données de leurs utilisateurs, accumulées au fil des années –, et la ...

Photo de Jean-Pierre SueurJean-Pierre Sueur :

... les robots ? Voilà la question que je me permets de poser au Gouvernement ce matin. J’ai lu avec beaucoup d’attention le rapport de nos collègues, qui fournissent, dans les pages qu’ils consacrent au sujet, quatre arguments pour une telle taxation et quatre arguments contre. La question, en effet, n’est pas facile… Selon une étude de l’OCDE de 2018, l’essor de la robotique et de l’intelligence artificielle pourrait faire disparaître 14 % des emplois d’ici à 2025. Taxer les robots permettrait de freiner le remplacement du travail humain, donc de limiter le rythme des destructions d’emplois et, comme l’a dit Bill Gates, cité dans le rapport, de « gagner du temps pour adapter les personnels exposés à ce mouvement de substitution ». Cette taxation pourrait être envisagée comme un moyen de financer les...

Photo de Christine LavardeChristine Lavarde :

Monsieur le ministre, j’aurais pu vous interroger sur la formation, mais beaucoup a déjà été dit sur ce sujet ce matin. Je vous poserai donc une question d’actualité, puisqu’elle concerne l’automatisation des transports permise par l’intelligence artificielle. Il ne vous aura pas échappé que la France connaît une longue période de grèves, particulièrement dans la région d’Île-de-France, où deux lignes de métro fonctionnent en continu tous les jours depuis le début du mouvement : la ligne 14, qui est automatisée depuis son inauguration en 1998, et la ligne 1, qui, elle, l’a été plus récemment, pour un montant de l’ordre de 629 millions d’euros. Monsi...

Photo de Marc LaménieMarc Laménie :

Avant tout, je tiens à remercier la délégation à la prospective et son président, M. Karoutchi, d’avoir permis la tenue de ce débat, et à saluer les deux auteurs de ce rapport d’information particulièrement intéressant. L’intelligence artificielle est un véritable sujet d’actualité. Monsieur le ministre, j’ai bien sûr eu l’occasion d’emprunter les lignes de métro automatisées évoquées par Christine Lavarde. On ne peut qu’être admiratif devant cette réalisation impressionnante : si l’on s’installe tout à l’avant, on a même l’impression de conduire la rame !

Photo de Laure DarcosLaure Darcos :

Je souhaite apporter mon témoignage de rapporteur des crédits consacrés à la recherche et d’élue d’Île-de-France, territoire qui participe activement au développement de l’intelligence artificielle et de ses usages. L’Île-de-France – je pense notamment à mon département de l’Essonne – est en effet le premier pôle européen en termes d’accueil des start-up de ce domaine d’activité. Elle rassemble ainsi deux tiers des start-up françaises – 73 sur 109 en 2019 –, les principaux centres de recherche, écoles et universités et 45 % des laboratoires français publics et privés. Le plan régional IA ...

Photo de Marie MercierMarie Mercier :

...remarques. Nous avons la chance, au Sénat, d’avoir une délégation à la prospective. Le but de la prospective, c’est d’anticiper les évolutions : ce débat, qui fait suite à un travail que nous avons mené avec beaucoup d’intérêt, d’énergie et même de gourmandise, relève bien de la mission de notre délégation ! Bien sûr, il faut se saisir de la chance que constitue le déploiement de l’intelligence artificielle, mais en accompagnant ce saut technologique, car tout changement est anxiogène. À mon tour, je veux insister sur la complémentarité entre l’humain et le robot : la robotisation doit se faire avec l’homme, et non contre lui. En définitive, c’est l’intelligence sociale, dans toute sa complexité, qui nous distinguera des robots. Interagir avec autrui, c’est l’essence même des relations humaines et d...

Photo de Marie MercierMarie Mercier, rapporteur :

Nous sommes arrivés au terme de nos travaux consacrés au vaste mouvement de déploiement de machines intelligentes et d'outils d'intelligence artificielle dans le secteur des services et à l'impact sur l'emploi de ce que l'on appelle parfois la « 4ème révolution industrielle ». Le socle de cette révolution est technologique : elle se fonde sur la diffusion rapide du numérique sous toutes ses formes et le développement de l'intelligence artificielle. Les possibilités offertes sont vertigineuses, mais le corolaire est que les problèmes pourraient l'ê...

Photo de Marie MercierMarie Mercier, rapporteur :

...s services est d'ores et déjà une réalité et ouvre de nouvelles perspectives pour l'emploi, il convient d'éviter d'avoir une vision déformée par un « déterminisme technologique » qui conduirait à des conclusions radicales et sans nuance. D'abord, nous montrons dans le rapport qu'il existe des limites à la diffusion des machines intelligentes. Une première limite est technologique : l'intelligence artificielle ne se déploie que dans les domaines où l'on est capable de collecter des masses importantes de données. C'est un système que l'homme construit et qu'il alimente en données. Nous préconisons d'ailleurs d'encourager l'accès aux jeux de données publiques et privées pour ne pas brider l'innovation. Notons au passage que toute innovation est une déviance ! Si l'on ne déviait pas, on n'innoverait pas. ...

Photo de René-Paul SavaryRené-Paul Savary, rapporteur :

...nts car ils trouvent même ce que l'on ne cherche pas, par exemple en matière médicale. C'est là que l'homme doit intervenir pour faire le tri entre ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Je mets aussi en garde contre une confiance excessive faite aux machines : ne suivons pas notre GPS lorsque, faute de mise à jour, il fait traverser tout droit un rond-point neuf à un camion. L'intelligence artificielle peut-être un faux ami : la fonction anti-décrochage du Boeing 737 MAX a provoqué des crashs, alors qu'un pilotage manuel aurait évité la catastrophe. Prendre en compte l'environnement de la technique est nécessaire car le robot n'a pas l'intelligence de l'homme pour s'adapter à son environnement.

Photo de Yvon CollinYvon Collin :

Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, parce qu’elle concentre de forts enjeux stratégiques, éthiques et économiques, l’émergence de l’intelligence artificielle est communément qualifiée de quatrième révolution industrielle. Aussi, le RDSE a souhaité que le Sénat en débatte ce soir. J’en profite pour saluer les travaux du groupe de suivi de notre assemblée qui s’est emparé de ce sujet dès 2017. Si l’intelligence artificielle fut pour la première fois évoquée en 1956 dans le cadre d’une conférence universitaire aux États-Unis, ce sont les recherches tec...

Photo de Pierre OuzouliasPierre Ouzoulias :

Dans les disciplines qui contribuent aux recherches sur l’intelligence artificielle, les Gafam, avec des moyens considérables, développent des stratégies, efficaces et prédatrices, de recrutement des chercheurs des institutions publiques. Vous nous l’avez dit, monsieur le secrétaire d’État, une bonne partie des Gafam fonctionnent aujourd’hui avec des chercheurs venant de la recherche publique. Ces firmes y parviennent parce qu’elles proposent des rémunérations de cinq à dix foi...

Photo de Joël GuerriauJoël Guerriau :

Je tiens à saluer l’initiative de nos collègues du RDSE d’ouvrir le débat sur les enjeux économiques et stratégiques de l’intelligence artificielle. Le groupe Les Indépendants avait eu l’occasion, à l’automne 2017, d’interpeller le Gouvernement sur cette problématique majeure du XXIe siècle, dans le cadre d’un débat parlementaire orienté sur le rôle que la France et l’Europe peuvent encore espérer jouer dans cette course à l’innovation. Le constat que nous faisions n’était guère réjouissant. Deux ans plus tard, ces craintes n’ont pas dispa...

Photo de Joël GuerriauJoël Guerriau :

Le cauchemar, ce peut être l’intrusion dans la vie privée d’une personne via l’intelligence artificielle. Je suis d’accord avec vous, il faut considérer positivement cette évolution technologique, mais à condition de la maîtriser parfaitement et d’éviter le pire, c’est-à-dire que des individus ne se retrouvent dans une situation indescriptible. D’où l’importance de prévoir tous les éléments de protection nécessaires, et de ne pas s’illusionner en pensant que le monde est entièrement beau et gentil.

Photo de Olivier CadicOlivier Cadic :

...ouloir dominer le monde dans les trois prochaines décennies, ne reconnaît pas la démocratie et les droits de l’homme comme valeurs universelles. Sa Constitution la définit comme un « État socialiste de dictature démocratique populaire ». La Chine a créé un « cybermur » pour imposer un contrôle social de sa population, en combinant réseaux sociaux, caméras à reconnaissance faciale et intelligence artificielle. Elle utilise l’intelligence artificielle à des fins de contrôle social à très grande échelle, via un système algorithmique de reconnaissance faciale. Chaque citoyen et chaque entreprise disposent d’un capital initial de mille points. En fonction de leurs comportements et fréquentations, ils gagnent ou perdent des points. « Les mauvais citoyens » sont sujets à des restrictions médicales, ...