Interventions sur "haine"

53 interventions trouvées.

Photo de Hervé MarseilleHervé Marseille :

...t déjà été de 74 % au cours de ladite année 2018. Derrière ces chiffres, il y a l’horreur. Car l’antisémitisme tue : Mireille Knoll, Sarah Halimi, les victimes de l’Hyper Cacher, les enfants de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, Ilan Halimi, autant de noms et de visages dans nos consciences, des femmes, des hommes et des enfants sauvagement arrachés à l’affection des leurs par une violence et une haine barbares. Cette haine, la haine des juifs, on la pensait d’un autre temps. Par son caractère violent et meurtrier, cette nouvelle haine antisémite, apparue dans les années 2000, est sans précédent. Depuis la Seconde Guerre mondiale, jamais en France on n’avait assassiné des juifs, encore moins des enfants, du seul fait de leur religion. En 1990, la loi tendant à réprimer tout acte raciste, an...

Photo de Jean-Pierre CorbisezJean-Pierre Corbisez :

...juive, qui font évidemment partie intégrante de la communauté nationale et méritent le même respect que les autres. Hélas, Mireille Knoll, Sarah Halimi, les victimes de l’Hyper Cacher et bien d’autres nous rappellent qu’aujourd’hui, en France, l’antisémitisme est un fléau tenace. La population juive suscite encore des fantasmes, des préjugés, qui conduisent certains à commettre l’irréparable par haine ou simplement par bêtise. Si, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on pouvait légitimement penser que le pire était derrière nous, l’antisémitisme est encore prégnant. L’augmentation de 27 % des actes de ce type en 2019 en témoigne. Ce chiffre doit être cité pour objectiver la haine visible en un phénomène comptable. Mais il y a aussi ce que l’on ne voit pas, parce que certains ne portent p...

Photo de Rachid TemalRachid Temal :

...alheureusement toujours d’actualité. Nos sociétés occidentales connaissent le poison d’un antisémitisme qui s’y est enraciné durant des siècles, jusqu’à devenir un préjugé ancré. Cet antisémitisme pluriséculaire, nos sociétés ont choisi de le combattre sans relâche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, au lendemain de la Shoah. Notre combat, c’est la condamnation de tous les appels à la haine et à l’oubli de la souffrance endurée par les juifs parce que juifs. Je veux ici saluer les paroles prononcées par le président Jacques Chirac lors de son discours historique du 16 juillet 1995, à l’occasion des cérémonies commémorant la rafle des 16 et 17 juillet 1942. Il reconnaissait ce jour-là la responsabilité du régime de Vichy et l’acte « irréparable » – ce sont ses mots – accompli par la...

Photo de Patricia SchillingerPatricia Schillinger :

... cette même étude, 54 % des agressions verbales se déroulent en milieu scolaire. Ces chiffres inacceptables me donnent le vertige. Nous attendons des écoles et des universités qu’elles soient des lieux d’apprentissage de la vie, de découverte des valeurs humanistes, de tolérance et d’ouverture sur le monde, et non l’occasion pour nos enfants de vivre ou d’être témoins de telles démonstrations de haine. Ces chiffres en disent long sur ce poison qui touche notre jeunesse, qui n’en est d’ailleurs pas la seule victime. De tels actes imposent non seulement une condamnation ferme et claire de la part des responsables politiques, mais surtout une action rapide et déterminée pour que cela cesse. À chaque profanation de tombes, l’émotion est vive ; et si les inscriptions s’effacent, la douleur, elle, ...

Photo de Joël GuerriauJoël Guerriau :

...ictimes de l’école Ozar Hatorah de Toulouse ou encore celles de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes : la liste ne cesse de s’allonger. Ces hommes, ces femmes et ces enfants sont morts parce qu’ils étaient juifs. À ces crimes, il faut ajouter les profanations et dégradations de sépultures et de lieux de culte, les insultes et les agressions physiques. L’antisémitisme, c’est l’intolérance, la haine et la violence. L’antisémitisme, c’est le refus de nos lois. C’est un poison portant atteinte à la France et à nos valeurs républicaines. Il faut le réaffirmer autant que nécessaire, car « il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme même perverse. C’est d’avoir une âme habituée ». Ces mots de Charles Péguy devraient inviter certains candidats à l’élection présidentielle à davantage de modéra...

Photo de Roger KaroutchiRoger Karoutchi :

...e rappeler que le Parlement est sensible à cette affaire. Il s’agit, en réalité, d’un appel au Gouvernement. Certes, c’est une bonne chose que notre assemblée la vote aujourd’hui, mais il importe que le Gouvernement ait inlassablement à l’esprit que les textes de loi ne suffisent pas. Il faut passer à l’acte. Il faut que les réseaux sociaux soient sévèrement punis lorsqu’ils laissent déborder la haine antisémite, lorsque des gens sont insultés et lorsque des personnes et des lieux de cultes sont menacés. Cela vaut pour toutes les religions dans ce pays : personne ne doit être menacé pour ses convictions ! Aujourd’hui, nous allons voter cette proposition de résolution. Mais je vous pose à tous une question : qu’est-ce que le Sénat ? Une assemblée constituée de 348 sénateurs ayant chacun indivi...

Photo de Guy BenarrocheGuy Benarroche :

...n, un préjugé, une hostilité ou une violence à l’encontre des juifs en tant que juifs. Tout cela est bien antécédent à l’existence même de l’État d’Israël, voire au développement du sionisme. Le sujet est grave, il est dramatique. Il appelle d’autant plus à la nuance. Chacun, sur nos travées, condamne de manière forte et sans réserve la montée des actes de violence envers les juifs, ainsi que la haine exprimée par certains envers ceux qu’ils estiment responsables de leur malheur ou qu’ils imaginent contrôlant des zones entières de notre société. L’antisémitisme évolue, surtout ses formes, ses raisons supposées, ses justifications inacceptables et toujours empreintes de mauvaise foi. Le révisionnisme, qui vient parfois de la droite et de l’extrême droite, est un antisémitisme qui s’exprime so...

Photo de Pierre OuzouliasPierre Ouzoulias :

Monsieur le président, chers collègues, la haine du juif en France, c’est l’histoire longue de deux mille ans de mesures d’éloignement, de législations d’exclusion, d’accusations criminelles, de persécutions, de pogroms et de génocides. Dans sa monumentale Histoire de l ’ antisémitisme, Léon Poliakov montre que cette haine du juif trouve son origine dans l’Antiquité puis se renouvelle dans la constitution du corpus théologique et politi...

Photo de Pierre-Antoine LeviPierre-Antoine Levi :

Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, je vous prie de bien vouloir excuser mon extinction de voix, mais un sujet aussi important nécessite bien quelques efforts. Qu’est-ce donc que la haine ? Aucune définition dans aucun dictionnaire du monde ne satisfera tout à fait notre volonté de comprendre. Notre besoin de consolation, face aux effets désespérants de la haine, restera à jamais inassouvi, mais nous savons qu’elle laisse dans son affreux sillage des images imparables qui marquent au fer rouge nos imaginations et nos consciences meurtries. Ces images de la haine en action habiten...

Photo de Hussein BourgiHussein Bourgi :

...urope. Ces hommes sauvèrent l’honneur de la France. Ils furent l’honneur de la France. Hélas, cinquante ans après l’affaire Dreyfus, la communauté juive de France allait connaître l’oppression, les persécutions, la déportation et l’extermination. N’en déplaise à celles et à ceux qui essaient de relativiser le rôle du régime de Vichy dans la Shoah, et n’en déplaise à un candidat putatif à la prochaine élection présidentielle, notre référence en la matière reste et restera le discours du 16 juillet 1995 du président Jacques Chirac, qui nous habite les uns et les autres. Quelques décennies après ce drame absolu que fut la Shoah, la France et la communauté juive de France furent la cible des attentats terroristes islamistes, meurtriers, de l’école Ozar Hatorah et de l’Hyper Cacher. La France et...

Photo de Sabine DrexlerSabine Drexler :

...mmun est de lutter contre l’indifférence et la banalisation de ces actes, de nous doter d’outils efficaces qui renforceront et protégeront notre nation, ses valeurs morales et politiques. À ce titre, je salue le travail engagé par Bruno Retailleau et Hervé Marseille pour mieux définir ce qu’est l’antisémitisme, et je les en remercie. C’est un premier pas qui, je l’espère, sera suivi d’autres prochainement.

Photo de Olivier PaccaudOlivier Paccaud :

... n’est pas de la Nuit de cristal que je vous fais le récit. Je vous parle de Paris en 2019, de Sarre-Union en 2015, de Toulouse en 2012. C’est notre France, notre siècle. Ce fléau qui habite notre civilisation ne s’est pas malheureusement pas éteint à la libération des camps. Les années noires sont certes derrière nous, mais la bête immonde est là, tapie dans l’ombre, mâchoire acérée suintant de haine, prête à bondir et le ventre encore fécond. Elle a simplement pris d’autres visages. Celui de la folie islamiste, où la détestation des juifs s’inscrit au cœur d’une dialectique anti-occidentale. Celui aussi d’un antisionisme absolu, qui n’est pas la seule critique, légitime, de la politique d’Israël, mais qui permet de s’adonner à l’antisémitisme le plus décomplexé sans encourir l’opprobre de re...

Photo de Pascale GrunyPascale Gruny :

...ement extérieur, certains de nos voisins n’hésitant plus à exploiter nos failles et à transformer les migrations en arme géopolitique. La Turquie fut la première à en user, tant pour s’assurer de la retenue des Européens face à sa politique expansionniste que pour en tirer de substantiels revenus – 6 milliards d’euros ont ainsi été versés depuis 2016 et 3, 5 milliards d’euros devraient suivre prochainement. Depuis, ce chantage migratoire a fait des émules : c’est désormais au Maroc et à la Biélorussie de s’essayer à la même méthode pour obtenir de l’Union ou des États membres une inflexion de leur politique étrangère. Face à ces défis, la réponse européenne doit bien évidemment se déployer sur de multiples fronts, mais elle doit avant tout envoyer un message clair et affirmer ce principe card...

Photo de Jacqueline Eustache-BrinioJacqueline Eustache-Brinio :

...eureusement tombée en désuétude. Le quantum des peines, tant en matière de contravention qu’en matière d’emprisonnement, était devenu sans lien avec celui qui régit les infractions de même nature qui existent dans le code pénal. Le paradoxe est donc que les infractions à la liberté de conscience et à la laïcité sont actuellement moins réprimées que celles qui touchent aux discriminations et à la haine.

Photo de Philippe PemezecPhilippe Pemezec :

Les propos traduisant une haine de notre pays se banalisent, en particulier sur les réseaux sociaux, mais aussi dans des chansons ou dans des écrits. Ces propos ne sauraient être ignorés, car ils témoignent souvent d’une absence d’assimilation à la communauté nationale.

Photo de Philippe PemezecPhilippe Pemezec :

Ils peuvent même constituer un préalable à des actions violentes de nature terroriste. Notre droit est aujourd’hui silencieux sur ce point. Ainsi le présent amendement a-t-il pour objet de créer un délit d’incitation à la haine de la France, sur le modèle du délit d’incitation à la haine raciale. Ceux qui auront commis ce délit seront passibles d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines.

Photo de Valérie BoyerValérie Boyer :

Nous avons, M. Karoutchi et moi-même, déposé le même amendement, signé par de nombreux collègues ; M. Pemezec vient de le défendre parfaitement. J’ajouterai un argument à l’appui de cet amendement, dont je rappelle qu’il vise à créer un délit d’incitation à la haine de la France. L’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ne prévoit pas un tel délit : il condamne « [t]ous cris ou chants séditieux proférés dans les lieux ou réunions publics ». Sont également condamnés dans le code pénal les atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation, la trahison et l’espionnage, l’intelligence avec une puissance étrangère, la livraison d’inf...

Photo de Jacqueline Eustache-BrinioJacqueline Eustache-Brinio :

Nous condamnons tous ici, évidemment, la haine de la France. Cet amendement paraît déjà satisfait, même si vous l’analysez autrement, ma chère collègue, par le texte même de l’article 24 de la loi de 1881, qui punit les appels à la haine à raison de l’origine d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende. Quoi qu’il en soit, grâce à ce texte qui fixe des limites, nous allons nous battre ensemble pour que tout le monde aime la France. Tel est...

Photo de Valérie BoyerValérie Boyer :

... j’ai développés sur l’article 24 de la loi de 1881. Chère Jacqueline Eustache-Brinio, si nous visons, bien évidemment, les mêmes objectifs et si nous souhaitons, sur toutes les travées de cette assemblée, que la France soit aimée, je crois qu’il est important aussi, compte tenu de toutes les attaques et injures dont elle fait l’objet dans beaucoup d’écrits, de prévoir un délit d’incitation à la haine de la France, ce que ne fait pas l’article 24.

Photo de Valérie BoyerValérie Boyer :

Il me semble important, dans ce texte sur le respect des principes de la République, de créer un tel délit. Je vous ai détaillé les mesures de l’article 24, rien n’y est prévu en matière d’incitation à la haine de la France. Cet amendement pourrait faire l’objet d’un vote unanime sur toutes les travées : si nous sommes ici en tant que parlementaires, c’est que nous partageons tous l’amour de notre pays et que nous n’apprécions pas qu’il soit injurié, comme c’est malheureusement assez régulièrement le cas.