Interventions sur "média"

709 interventions trouvées.

Photo de Vincent Capo-CanellasVincent Capo-Canellas :

... sont les voies d'amélioration de ce dispositif spécifique ? Nous entendons que le chemin de crête est difficile entre le principe de la liberté d'expression, le pluralisme et le refus de conditionner l'opinion. Nous entendons également que les questions de ligne éditoriale sont difficiles à appréhender et que le régulateur n'est juridiquement pas appareillé pour les traiter. Pensez-vous que les médias seront segmentés, chaque chaîne vendant une opinion ? Si chacun développe sa ligne éditoriale se posera alors la question du financement du pluralisme.

Photo de Pierre LaurentPierre Laurent :

...isme. J'ajoute qu'il peut porter atteinte au pluralisme. Créer un journal n'est accessible qu'à peu d'acteurs économiques ce qui crée de fait un déséquilibre sur la question du pluralisme. Je constate que vous prononcez souvent des mises en demeure mais que l'étape suivante est rarement franchie. Sur le respect du pluralisme, un certain nombre de critères sont laissés à la libre appréciation des médias, comme la représentation parlementaire ou les sondages. Or, un média peut décider de ne tenir compte que des sondages et abuser de ce seul critère. C'est pourtant un sujet sensible car des médias ont déclaré qu'ils ne commenteraient plus les sondages. Je pense que nous devrons rendre ces critères plus opérationnels. Par ailleurs, le sujet du chef de l'État n'est toujours pas traité. Vous avez d...

Photo de David AssoulineDavid Assouline, rapporteur :

Toutes les questions ont été abordées et je regrette que nous ne puissions pas les approfondir. La presse s'est librement développée à la fin du XIXe siècle tant qu'elle restait dans un cadre républicain. Aujourd'hui, les « mass media » bénéficient de la liberté de communication mais cette liberté reste encadrée. Le paysage de demain permettra-t-il d'acheter des médias pour fabriquer des présidents de la République ou resterons-nous dans un cadre pluraliste ? J'ai compris que le CSA était très attentif à la préservation de la liberté mais elle n'est pas complètement préservée dans les médias où des éditorialistes soutiennent toute la journée des candidats et dont le temps de parole n'est pas comptabilisé. La loi de 1986 ne pouvait pas prévoir les concertatio...

Photo de David AssoulineDavid Assouline, rapporteur :

La loi permet d'avoir un dispositif anti-concentration d'un média radio, télé et presse. Toutefois, on observe actuellement un contournement de ce dispositif. Il est en effet possible de cumuler des médias radio et télé avec la presse, si celle-ci n'est pas quotidienne. Je pense notamment à Paris Match et au JDD, qui sont des vecteurs d'influence très forts. Certaines opérations commencent à révéler ce problème. Selon vous, convient-il de libéraliser, en suppri...

Photo de Jean-Michel HoullegatteJean-Michel Houllegatte :

Dans le cadre de France Services, 4 000 conseillers numériques vont être déployés sur le territoire. Pourraient-ils assurer une forme de médiation en matière de concertation ?

Photo de David AssoulineDavid Assouline, rapporteur :

À ma connaissance, il existe une loi sur les médias. En termes capitalistiques, c'est du sans limites, mais on ne peut pas posséder télévision et presse écrite.

Photo de Michel LaugierMichel Laugier :

À vos yeux, la concentration des médias, en particulier de la presse est-elle inéluctable ? Quels sont les avantages et les inconvénients de faire partie d'un grand groupe ? Un groupe d'une certaine importance peut-il garantir l'indépendance des journalistes ou bien la pression de l'actionnaire principal se fait-elle sentir ? Avec la baisse des recettes publicitaires et des ventes, peut-on encore créer aujourd'hui un journal ou un m...

Photo de Rémy PointereauRémy Pointereau, premier vice-président :

Nous passons au second temps de nos travaux sur la démocratie locale. Nous accueillons François-Xavier Lefranc, rédacteur en chef du journal Ouest-France, et M. Luc Bronner, grand reporter au journal Le Monde. Le fil directeur de cette audition tient en un mot : les sondages. Alors que les sondages tournent en boucle sur tous les médias, Ouest-France a décidé de ne plus les commenter, une décision inédite, à rebrousse-poil de la tendance générale. Quelles en sont les raisons ? Les sondages seraient-ils devenus toxiques ? Les commentaires de ces sondages seraient-ils devenus artificiels ? M. Bronner a publié il y a quelques jours une enquête intitulée « Dans la fabrique opaque des sondages », où il explore la constitution des p...

Photo de Sylvie RobertSylvie Robert :

La nouvelle de ne plus recourir aux sondages est très importante, dans le cadre de l'élection présidentielle à venir et des travaux de la commission d'enquête sénatoriale sur la concentration des médias. Les liens entre ces thèmes doivent être clarifiés, pour le bien public. Les sondages existent, il n'est pas question qu'ils disparaissent, mais leur utilisation actuelle peut mettre en péril la démocratie, car ils deviennent des faiseurs de rois. Voilà qui questionne la fabrication et la consommation de l'information. Telle est la question éthique au coeur du travail des journalistes. Les sup...

Photo de Évelyne Renaud-GarabedianÉvelyne Renaud-Garabedian :

J'aurai deux questions. Première question, vous défendez avec acharnement une plus grande régulation des GAFA, qui jouent un rôle très important dans l'information et dans la construction des opinions, dans un milieu largement numérisé. Quelles sont vos propositions en la matière ? Celles-ci fonctionnent-elles avec les médias traditionnels ? Sur quels points notre commission d'enquête devrait-elle être particulièrement vigilante ? Je pense notamment à la plateforme Facebook News, qui va voir le jour. Si nous nous intéressons uniquement à la régulation des médias traditionnels, ne passons-nous pas à côté de la véritable concentration ? Ma seconde question porte sur la publicité, grand enjeu de la presse, puisqu'il s'...

Photo de Sylvie RobertSylvie Robert :

Quel est l'impact dans le monde des médias de cette décision courageuse de Ouest-France ?

Photo de Jean-Michel HoullegatteJean-Michel Houllegatte :

Les lois de 1881 sur la liberté de la presse et de 1982 sur la communication audiovisuelle régulent les médias traditionnels. Or nous ne régulons ni les contenus ni les flux de la communication numérique, qui sont parfois surdimensionnés. Au regard du rôle des médias dans le renforcement de la démocratie, vous faites une distinction entre sondages et enquêtes d'opinion. Dans les enquêtes d'opinion, des thématiques émergent. Comment allez-vous objectiver ces thématiques ? Dans certains médias, tel candid...

Photo de David AssoulineDavid Assouline, rapporteur :

Je disais que, aux États-Unis, on ne peut pas détenir une chaîne de télévision et un organe de presse écrite. La Cour Suprême, sous l'impulsion de juges nommés par Donald Trump, a très récemment remis en cause cette réglementation. La décision a été rendue et elle autorise une telle intégration. La tradition démocratique américaine consistait à empêcher la détention des médias dans deux types de support, mais, depuis Trump, on s'oriente vers un autre modèle. Ce n'est pas anodin.

Photo de David AssoulineDavid Assouline, rapporteur :

Le Gouvernement a institué une mission de réflexion sur la concentration des médias. Pouvez-vous nous résumer l'objectif de cette mission et son calendrier ? Si ses conclusions devaient être mises en oeuvre, pensez-vous possible que cela se fasse avant le renouvellement des autorisations d'émettre de plusieurs chaînes en 2023 ? Par ailleurs, on peut lire la lettre de mission de deux façons : s'agit-il de définir les moyens de limiter la concentration des médias ou, au contrair...

Photo de David AssoulineDavid Assouline, rapporteur :

...de 1986 et la règle des « deux sur trois », fondée sur une typologie des supports. Considérez-vous que cette règle doive aujourd'hui être précisée ? J'espère qu'il n'est pas prévu de la remettre en cause... Actuellement, elle est déjà contournée, dans son esprit, dans le cadre d'opérations en cours. La règle est la suivante : aucun opérateur ne peut posséder à la fois une chaîne de télévision, un média de presse écrite et une station de radio, mais au maximum deux des trois. Mais, aux termes de la loi de 1986, la « presse écrite », en l'espèce, c'était la presse quotidienne. Or, aujourd'hui, certains opérateurs sont présents sur les trois supports en contournant la presse quotidienne, dont l'influence n'est pas nécessairement supérieure à celle d'une certaine presse hebdomadaire du type Paris M...

Photo de David AssoulineDavid Assouline, rapporteur :

... dans ce pays, via par exemple la création d'un droit voisin au profit des agences et éditeurs de presse, les prémunissant contre le pillage qu'ils subissaient de la part de Google et consorts. Reste que ce système ne donne qu'aux riches - on savait déjà qu'on ne prête qu'aux riches... Pourquoi laisse-t-on prospérer un système dans lequel de grands groupes très riches, qui possèdent de nombreux médias, captent l'essentiel des aides d'État ? Une réflexion est-elle menée sur l'élaboration d'une régulation différente permettant d'aider les émergents, rendant possible la naissance de nouveaux médias, indépendants, dans un environnement difficile ? N'est-il pas temps de remettre à plat un système d'aides qui peine à favoriser le pluralisme ?

Photo de David AssoulineDavid Assouline, rapporteur :

... délivre, au nom de l'État, des concessions : des droits d'émettre. Ces concessions sont régies par des conventions. C'est cela, le garde-fou : vous avez beau être puissant, vous êtes tenu à un certain nombre d'obligations qui pourraient empêcher les abus. Or, relisant, par hasard !, la convention qui lie le CSA à CNews, j'y ai trouvé un paragraphe qui est tout à l'honneur de l'État : en gros, le média s'engage à promouvoir la lutte contre les discriminations en fonction de l'orientation sexuelle, de la religion, de la culture, de l'origine, etc. Cela signifie qu'un certain système de valeur encadre la concession ainsi délivrée. Le président du CSA, lorsque nous l'interrogions, nous disait que c'était à nous, législateurs, de lui donner les moyens d'une rupture de la convention quand de façon r...

Photo de David AssoulineDavid Assouline, rapporteur :

Madame Sonnac, dans une tribune publiée dans Le Monde le 20 novembre dernier, vous soulignez que le mouvement de concentration des médias qui s'observe en France tient à la pression exercée par les GAFA, qui passe notamment par l'assèchement des ressources publicitaires. Selon vous, le paysage actuel est-il trop ou pas assez concentré ?

Photo de David AssoulineDavid Assouline, rapporteur :

Quel intérêt les grands groupes français comme Bouygues ont-ils à posséder des médias qui ne relèvent pas de leur coeur de métier et ne leur rapportent pas, semble-t-il, autant que leurs autres activités ?

Photo de Jean-Raymond HugonetJean-Raymond Hugonet :

L'écosystème des médias est puissant et il est en pleine mutation ; pour le réguler, nous ne disposons que d'instruments antiques et très complexes : les lois de 1986, qui n'ont toujours pas été modifiées, et une juxtaposition de règles de droit commun ; nous connaissons une concentration verticale qui ne dérange personne ; et le sacro-saint principe du pluralisme conduit à encourager et à financer par de l'argent publ...