Interventions sur "métier"

214 interventions trouvées.

Photo de Élisabeth LamureÉlisabeth Lamure :

...nsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, nous nous retrouvons aujourd'hui pour débattre d'un sujet majeur et plus que jamais d'actualité. La délégation aux entreprises du Sénat s'en est saisie à l'automne 2019, en confiant à nos collègues Michel Canevet et Guy-Dominique Kennel une mission d'information sur les difficultés de recrutement dans un contexte de forte évolution des métiers. En effet, depuis deux ans, les plaintes qui nous remontaient du terrain, à l'occasion de nos déplacements dans les départements, étaient récurrentes, voire lancinantes : les chefs de nombreuses entreprises, de toutes tailles, témoignaient de leurs difficultés à recruter, à trouver et à garder les compétences dont ils avaient besoin, cette situation les amenant parfois à renoncer à développer l...

Photo de Michel CanevetMichel Canevet :

... la cohorte très nombreuse des jeunes –ils sont près de 900 000, nous dit-on – qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en stage et qu'il faut absolument raccrocher au milieu professionnel. Il y a un volant d'actions à mettre en place. Il faut bien évidemment, compte tenu de la situation économique que nous connaissons actuellement, assurer la reconversion des actifs vers les secteurs et les métiers qui recrutent aujourd'hui. Cinquièmement, nous devons permettre aux entreprises de trouver rapidement les compétences dont elles ont besoin. Nous nous sommes aperçus, madame la ministre, que les compétences existant au sein de Pôle emploi sont souvent méconnues ou décriées par quelques-uns, qui ont vécu des expériences malheureuses. Il importe de faire connaître ce que Pôle emploi réalise aujou...

Photo de Joël LabbéJoël Labbé :

...tif « Pour un réveil écologique », ont lancé un manifeste, signé par plus de 32 000 étudiants de grandes écoles s'engageant à refuser de rejoindre des entreprises polluantes. Cette initiative est révélatrice d'une tendance de fond : selon une étude de la Confédération des grandes écoles, 72 % des jeunes considèrent l'adéquation entre travail et valeurs comme un critère primordial de choix de leur métier. Ce constat est partagé par les entreprises, qui font état, notamment dans l'industrie, l'agroalimentaire ou la chimie, de difficultés de recrutement liées à un déficit d'attractivité pour les jeunes diplômés en quête de sens dans leur travail. Certes, il est pertinent d'adapter les compétences de la population aux entreprises, mais ne doit-on pas également inverser la logique, ou plutôt rétabl...

Photo de Jérôme BignonJérôme Bignon :

...l et des entreprises ne trouvent pas d'employés... Une relance verte implique une évolution importante du marché de l'emploi. En effet, les entreprises devront décarboner leur modèle économique, nous devrons amplifier la rénovation énergétique du parc immobilier, nos mobilités seront progressivement bouleversées et nous aurons besoin de développer de nouvelles compétences, adaptées à de nouveaux métiers. Tout cela est évident, mais se prépare. C'est pourquoi nous devons redoubler d'ambition pour la formation professionnelle, qui ne devra pas viser seulement à fluidifier le marché du travail, comme l'on dit, mais aussi à accélérer la transition écologique. Madame la ministre, comment le Gouvernement compte-t-il articuler lutte contre le chômage et lutte contre le changement climatique ? Quel e...

Photo de Michel CanevetMichel Canevet :

Développer l'apprentissage est essentiel pour préparer les jeunes aux métiers de demain. Or, madame la ministre, le plan de relance ne comprend pas de dispositions législatives ou réglementaires en la matière, alors que nous sommes à l'orée de la préparation de la prochaine rentrée. Qu'en est-il ? S'agissant du maintien en CFA pendant trois à six mois des jeunes ne trouvant pas de maître de stage, quelles sont les modalités de financement ? Quant à la mallette des appre...

Photo de Catherine DerocheCatherine Deroche :

...emploi empêche aujourd'hui d'envisager toutes les formations à l'aune des besoins en compétences locaux. Combien de temps encore maintiendra-t-on cette multiplicité des commandes de formations à destination des demandeurs d'emploi, émanant de Pôle emploi, des Opco, des régions, de l'Agefiph ? De même, la compétence des régions en matière d'orientation des jeunes se limite à l'information sur les métiers, alors qu'elles devraient pouvoir piloter l'organisation des événements au sein des établissements, la sensibilisation des enseignants et la formation des personnels d'orientation. Sur le terrain, la multiplicité des opérateurs crée des redondances : il faut donc un pilotage unique des différents acteurs publics de l'emploi, Pôle emploi inclus. Quel est votre point de vue sur ce sujet, madame l...

Photo de Jean-Louis TourenneJean-Louis Tourenne :

Ma question s'intitulait : « Comment adapter la population des demandeurs d'emploi aux changements de métiers ? ». Dans ce cadre, je crois profondément à la nécessité de développer une formation intellectuelle la plus élevée possible si nous voulons préserver l'avenir. En effet, la tentation est grande de ne voir que le court terme et de privilégier, dans l'apprentissage, la formation pratique, manuelle et technique. Je suis également très attaché à la dynamique des territoires, car je crois que c'est...

Photo de Jacques BigotJacques Bigot :

...on professionnelle tout au long de la vie, c'est-à-dire à la fois dans le cadre scolaire et au-delà. Les jeunes prendront ainsi l'habitude de penser l'orientation comme un processus qui se poursuivra tout au long de leur vie. En effet, l'évolution du monde fait qu'ils ne sont plus certains, comme l'étaient leurs aînés, d'exercer pendant quarante années de vie professionnelle, voire davantage, le métier qu'ils décrocheront à dix-huit ans. Nous devons le faire régionalement, car l'État ne sera pas capable de le faire. Vous faites référence à la situation de l'Allemagne, madame la ministre, mais ce pays se caractérise par un tissu de PME – en général de plus de 1 000 salariés –, qui sont organisées sur leur territoire et qui défendent leurs intérêts. Le rapporteur Guy-Dominique Kennel connaît com...

Photo de Stéphane PiednoirStéphane Piednoir :

...rique et le rôle de ce dernier comme promoteur du télétravail et de l'enseignement à distance. Par ailleurs, on assiste à une prise de conscience généralisée, en particulier de la jeunesse, sur la nécessité d'une transition écologique pour réduire l'impact de l'activité humaine sur notre environnement. N'en doutons pas, ces deux transitions sont en cours et auront des répercussions, tant sur les métiers que sur les formations. Je partage dès lors l'analyse de nos collègues rapporteurs, selon laquelle le recrutement, notamment des jeunes, doit être au cœur de nos préoccupations. Le contexte actuel rend d'autant plus insupportable le constat, qui est dressé dans ce rapport, de difficultés de recrutement liées à une inadéquation entre le profil des candidats et le poste. Qui mieux que les acteurs...

Photo de Marc LaménieMarc Laménie :

...t celui des emplois qui ne sont pas forcément toujours attractifs ou difficiles. Cependant, on l'a vu récemment lors de la crise sanitaire, il y a aussi des jeunes qui se sont investis et dévoués. On sait que la tâche reste immense et que les problèmes existent de longue date. Certains secteurs rencontrent beaucoup de difficultés à recruter, comme le secteur du bâtiment, des travaux publics, des métiers manuels et difficiles alors que, dans le fond, il existe un lien fort, vous l'avez rappelé, entre les régions, les collectivités territoriales et l'État pour mener ces missions, ainsi que tous les partenaires que sont Pôle emploi ou les missions locales. On sait que les acteurs sont très nombreux et que, pour s'y retrouver, ce n'est pas simple. On peut regretter les lourdeurs juridiques : certa...

Photo de Vincent SegouinVincent Segouin :

Madame la ministre, je viens d'un département, l'Orne, qui abrite des pépites de métiers et d'entreprises de toutes tailles, reconnus parfois mondialement pour leur savoir-faire ou leur intelligence. Pourtant, qui, à part, les dirigeants et les salariés, le sait ? Les entreprises de ce département ont besoin de main-d'œuvre pour exercer tous les métiers, du plus simple au plus spécialisé. Pourtant, même les enfants de nos territoires ignorent ce qu'il s'y passe vraiment. En même te...

Photo de Vincent SegouinVincent Segouin :

Dorénavant, l'orientation fera-t-elle l'objet de cours spécifiques à partir du collège ? Les collèges s'organiseront-ils pour faire visiter des entreprises et faire voir les différents métiers ? On parle des entreprises, mais ce sont tous les métiers qui intéressent. Enfin, je vous ai bien écoutée sur la taxe pour les entreprises de plus de 250 salariés. Je regrette juste que l'on applique toujours des boni aux entreprises de plus de 250 salariés, alors que, en moyenne, une entreprise en France n'a que six salariés. Ce serait une bonne chose que de penser à ces entreprises dorénavant...

Photo de Guy-Dominique KennelGuy-Dominique Kennel, rapporteur :

La troisième recommandation prévoit la création d'une Journée nationale dédiée aux métiers, intitulée « Le printemps des métiers ». La notion de printemps comprend l'idée d'un renouveau des métiers. Il s'agit de comprendre notamment leur évolution, avec une forte participation de l'ensemble des entreprises et des établissements scolaires. Cette journée devrait avoir lieu à une période propice, lorsque les jeunes sont amenés à réaliser des choix d'orientation, par exemple aux environs ...

Photo de Michel CanevetMichel Canevet, rapporteur :

Les métiers évoluent, et les organismes qui observent cette évolution considèrent que cette tendance s'accélérera. Dans dix ans, ils considèrent ainsi que plus de la moitié des métiers auront changé, et que de nouveaux seront apparus. Lorsque la Délégation s'est déplacée à Revel, en Haute-Garonne, nous nous sommes aperçus que l'Éducation nationale avait du mal à intégrer ces évolutions. Or, l'adaptation de ...

Photo de Guy-Dominique KennelGuy-Dominique Kennel, rapporteur :

...é. Nous avons relevé, notamment à Poitiers, qu'un module de formation lié à l'aéronautique avait été ajouté au diplôme de chaudronnerie. De nombreux jeunes se sont engagés dans cette voie. De même, dans le Bas-Rhin, Alstom a ajouté une formation spécifique de redresseur de tôle au diplôme de chaudronnier, pour la construction des trains à grande vitesse (TGV). Cela donne un lustre particulier aux métiers de la chaudronnerie. Permettre et encourager cette contextualisation apparaît ainsi essentiel.

Photo de Michel CanevetMichel Canevet, rapporteur :

L'alternance et l'apprentissage sont des éléments extrêmement importants, et il convient de les encourager. Nous nous apercevons, malgré un certain nombre d'éléments d'information dont les familles peuvent disposer, que les taux d'échec en apprentissage sont significatifs. Certaines orientations ne sont pas bonnes. Des journées de découverte des différents métiers permettraient ainsi de consolider le choix des jeunes. C'est l'objet de notre huitième recommandation, qui propose, lors du choix d'une filière en apprentissage, de prévoir a minima une journée de découverte des métiers.

Photo de Guy-Dominique KennelGuy-Dominique Kennel, rapporteur :

Notre neuvième recommandation prévoit de garantir un temps de mise en situation professionnelle ou de formation d'adaptation préalable au contrat d'apprentissage. En effet, l'association nationale des apprentis de France nous a indiqué que 50 % des ruptures de contrats auraient pu être évitées si les jeunes avaient pu bénéficier d'un aperçu concret des métiers auxquels les mène la formation. Une mise en contact préalable apparaît donc indispensable. Sous le conseil des parents ou de leurs enseignants, les jeunes choisissent parfois un métier sans bien le connaître, et en sont terriblement déçus dès qu'ils le découvrent. Cela fait perdre du temps tant aux jeunes qu'à l'entreprise qui doit alors renouveler son recrutement.

Photo de Guy-Dominique KennelGuy-Dominique Kennel, rapporteur :

La dix-neuvième recommandation s'adresse à France compétences, compétent en matière de certification. Il est dit que 80 % des métiers d'aujourd'hui n'existeront plus demain, ce que je ne crois pas. Les métiers évolueront, sans nécessairement disparaître. Néanmoins, pour assurer cette évolution, la certification apparaît indispensable. Il s'agit de reconnaître cette évolution, notamment dans le cadre des formations réalisées. Entre trois et cinq ans sont nécessaires à ce qu'une formation soit inscrite dans le répertoire nationa...

Photo de Guy-Dominique KennelGuy-Dominique Kennel, rapporteur :

Nous souhaitons qu'au cours de la première année d'exercice du métier d'enseignant soit prévue une semaine de présence au sein des entreprises. Cela sera néanmoins difficile dans la formation initiale, avant même que l'enseignant ne se retrouve face à des élèves. Nous avons échangé avec les écoles supérieures, et une part trop importante de la formation initiale des enseignants me semble aujourd'hui consacrée à la formation disciplinaire. Lorsqu'un étudiant intègre...

Photo de Michel CanevetMichel Canevet, rapporteur :

...ellement construite par la jurisprudence. Nous pensons qu'il faut l'affirmer de façon plus ferme et aussi plus adaptée à un nouveau contexte où les entreprises auraient davantage recours à la formation pour leurs salariés, comme nous le recommandons. Une réflexion de fond avec les branches professionnelles apparaît nécessaire, afin de mieux déterminer les obligations de chacun, par secteur ou par métier, en fonction des évolutions en compétences nécessaires. Le cas échéant, il faudra préciser le cadre légal. Il convient de mieux définir cette clause, pour que les entreprises puissent y recourir plus facilement, notamment les TPE et les PME.