Interventions sur "musée"

217 interventions trouvées.

Photo de Pierre OuzouliasPierre Ouzoulias :

...mettre au plus grand nombre de comprendre la constitution des collections, leur raison d'être. Lorsque j'étais à l'Institut national du patrimoine, on nous expliquait que notre priorité était l'accueil du public, avant le récolement des collections : les choses ont changé, il faut insister sur la nécessité de réinvestir cette dimension de la constitution des collections. J'étais un passionné du Musée des arts et traditions populaires, il a été démantelé et ses collections ont été intégrées au Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem) ; on nous avait dit alors que ce nouveau musée ferait toute leur place à ces collections, et que même les coiffes bretonnes seraient montrées - en réalité, on ne les a jamais revues à Marseille... J'y vois là un affaiblissement du travail ...

Photo de Antoine KaramAntoine Karam :

...s heureux de vous entendre, et de vous dire aussi que j'ai connu Octave Togna, un ami de la Guyane qui m'a fait venir en Kanakie, et avec qui j'ai visité le centre culturel Tjibaou que vous avez dirigé - il a fortement inspiré celui que nous avons créé en Guyane. Vous avez parlé d'histoire coloniale, c'est le fond de la question. Les demandes de restitution sont aussi anciennes que la création du musée du Quai Branly, elles l'ont même précédé ; des demandes pressantes de pays d'Afrique et d'Amérique où l'on considère que ces pièces ont été volées : où en est-on ? Le commerce des oeuvres d'art est lui aussi très ancien et complexe, on sait, par exemple, que les rois du Bénin traitaient avec les négriers pour les esclaves et pour des oeuvres d'art, le sujet fait débat. Où en est-on sur ce sujet ?...

Photo de Laurent LafonLaurent Lafon :

Quel est l'état de la réflexion au niveau international sur la notion de patrimoine mondial ? Est-ce toujours une notion avant tout occidentale ? Quelle est la position de l'Unesco ? Quelle est la situation du musée après la crise de la covid en termes de fréquentation et d'un point de vue financier ?

Photo de Jacques GrosperrinJacques Grosperrin :

Lorsque vous avez pris vos fonctions, vous avez dit que la difficulté vous stimulait. Vous faisiez référence à votre passé de directeur de musée à Nouméa, alors en proie à la guerre civile. Pourrait-on dire qu'il y a une forme de violence culturelle, sociale en France ? Êtes-vous affectés par la chute du nombre de touristes étrangers ? La pandémie de covid-19 a-t-elle fait passer au second plan les questions de restitution ?

Photo de André GattolinAndré Gattolin :

Je partage vos propos sur le musée d'Abou Dhabi. Beaucoup de musées font l'objet de demandes plus ou moins formelles de restitutions. J'ai eu l'occasion de rencontrer des délégations de Mongolie qui demandaient, non pas la restitution, mais des fac-similés de haute qualité de documents historiques détenus par la France. Notre capacité technologique à reproduire des objets qui ont été détruits est exceptionnelle. Que pensez-vous d...

Photo de Alain SchmitzAlain Schmitz :

Vous nous avez dit que 80 000 pièces avaient été acquises depuis la création du musée du quai Branly. Quelle est aujourd'hui votre politique en termes d'acquisitions ?

Photo de Pierre OuzouliasPierre Ouzoulias :

...ont abouti à une convention sur le trafic illicite des biens culturels signée en 1970, même si celle-ci ne couvre toutefois pas la totalité de la problématique. L'Unesco dispose depuis 1978 d'un comité chargé de réfléchir à toutes ces questions. Pourtant, il n'existe aucun consensus international, ni sur les principes qui doivent gouverner les restitutions, ni sur la vocation universaliste d'un musée. Ces sujets font aujourd'hui l'objet de nombreuses discussions. Il faut dire que plusieurs conceptions existent, même au sein des pays occidentaux. Le droit anglo-saxon en matière de collections muséales diffère du droit français, chaque directeur de musée disposant d'un droit relativement large d'appropriation et de vente de ces collections, ce qui n'est pas le cas en France avec le principe d'i...

Photo de Alain SchmitzAlain Schmitz :

Les recommandations de l'Unesco n'ont pas de valeur contraignantes. Le directeur pour la culture et des situations d'urgence de l'Unesco, que nous avons reçu hier, croit beaucoup à la circulation des biens et des équipes de conservateurs dans tous les musées africains afin de créer des liens. Il ne s'agit pas de restitution, mais de circulation constante et réciproque. Le tout est de disposer d'infrastructures présentant des garanties en termes de sécurité, d'hygrométrie et de conservation identiques à ceux des grands musées internationaux. Dans ce domaine, les pays africains n'ont pas de moyens financiers. C'est pour cela que c'est la Chine qui a ...

Photo de André GattolinAndré Gattolin :

...isé que les dépenses de sécurisation et d'assurance pour le transport étaient considérables et n'étaient pas abordables pour leurs institutions muséales. Au Bénin, les chercheurs reconnaissent que si certaines oeuvres béninoises ont bien été volées par les colons français, leur pays ne pourrait pas aujourd'hui les accueillir. La France devrait donc, en plus de restituer, payer la construction du musée et prendre en charge ses coûts de fonctionnement et d'entretien. La copie existe depuis des siècles. Durant la Renaissance, on faisait des copies des travaux des grands sculpteurs grecs ou romains qui sont ensuite devenues de véritables oeuvres sans que cela ne pose de problème. Notre sens de l'authenticité me fait parfois un peu peur. La flèche de Notre-Dame de Paris sera une reproduction à l'i...

Photo de Alain SchmitzAlain Schmitz, rapporteur :

... a parlé de restitution temporaire. Le rapport, en revanche, ne l'envisage que de manière définitive. J'ai lu à son propos : « Beaucoup de brutalité et peu de finesse ». Il inverse en effet la charge de la preuve : la France devrait prouver qu'elle a acquis les biens légalement. Quid de l'inaliénabilité et de l'imprescriptibilité des biens ? Quelle compatibilité avec la vocation universaliste des musées en Europe ? Préférez-vous les lois de circonstances ou la fixation de critères légaux pour les restitutions ? Jusqu'à présent, le choix a été plutôt fait de lois de circonstances votées après une déclaration du Président de la République... Les musées revendiquent d'être associés : faut-il accéder à leur demande et comment ? Ne doit-on pas craindre une instrumentalisation des musées dans le c...

Photo de Laurent LafonLaurent Lafon :

Existe-t-il une définition au niveau international de règles éthiques - je pense à l'Unesco par exemple ? Le musée du quai Branly a-t-il un projet de partenariat en Afrique, comme le Louvre au Moyen-Orient ?

Photo de Laure DarcosLaure Darcos :

J'ai beaucoup aimé vos propos sur l'universalité des oeuvres. J'en veux pour preuve le musée du Louvre Abu Dhabi - ville qui existe depuis moins d'un siècle. Le Louvre a réussi à présenter à un public à 70 % local - des oeuvres qu'il ne connaissait pas. C'est un modèle à suivre. Vous avez beaucoup parlé de la Chine ; l'Institut Confucius est en effet le principal concurrent de l'Institut français. Pourquoi n'associons-nous pas davantage les Instituts français dans le domaine artistique ...

Photo de Françoise LabordeFrançoise Laborde :

Vous avez parlé sans langue de bois, c'est bien. Je suis membre de la mission d'information qui va travailler sur le sujet mais je n'ai pas de religion sur la question. Il va falloir définir des notions comme celles de restitution, d'universalité... Faire entrer l'Afrique dans le cercle des musées est un bel objectif, mais nous pouvons aller plus loin. La loi Nagpra peut certes nous effrayer, mais dans le même temps, n'est-il pas logique qu'un pays fasse ce qu'il veut des objets qu'on lui restitue ?

Photo de Dominique VérienDominique Vérien :

Restituer un objet signifie qu'on renonce tout à fait à sa propriété. Comment faire, dans ce cas, pour s'assurer de la conservation des objets si l'on considère que leur passage dans un musée leur donne un caractère universel - sans pour autant donner l'impression de mettre les pays sous tutelle, ce qui ne manquerait pas d'être qualifié de colonialiste ? Un musée du quai Branly africain n'est-il pas une solution ?

Photo de André GattolinAndré Gattolin :

...'aide de Marc Ladreit de Lacharrière. Vincent Eblé et moi avons rédigé un rapport sur France-Muséums : il était clair que le Louvre Abu Dhabi a été fait avec l'argent de cet émirat, et non du Louvre. Si nous imaginons un Louvre d'Afrique, il faudrait en trouver le financement. À ce propos, Marc Ladreit de Lacharrière nous avait annoncé qu'il souhaitait léguer un jour ses collections notamment au musée du Quai Branly, s'inscrivant dans ce patriotisme patrimonial. S'agissant du droit de préemption exercé par l'État, j'ai longuement échangé avec Mme Le Floc'h, propriétaire du pleurant du tombeau de Philippe le Hardi. Il se trouve que, voulant le vendre, le Conseil d'État a décidé que cette oeuvre n'avait jamais cessé d'appartenir à l'État. Le risque est que se crée un marché noir. D'autant que M...

Photo de Annick BillonAnnick Billon :

Je pourrais évidemment évoquer la gastronomie mexicaine, le talent de la présidente de la commission de la culture du Sénat qui est chanteuse, le retour de Puebla sous des trombes d'eau ou notre visite du musée Frida Kahlo... Plus sérieusement, je dois dire que ce déplacement a été particulièrement dense et intéressant. Notre expérience était très attendue des Mexicains, ce qui a permis d'avoir des échanges d'une exceptionnelle qualité. En ce qui concerne le patrimoine, je ne rappelle pas ce qu'a dit Catherine Morin-Desailly sur les conséquences des séismes de 2017. La France est aujourd'hui, en parti...

Photo de Pierre OuzouliasPierre Ouzoulias, co-rapporteur de la mission d'information sur les modalités de restitution des biens culturels entrés dans les collections publiques des musées de France :

J'ai grand plaisir à retrouver dans votre discours la même humanité, la même exigence intellectuelle et la même distance par rapport à certains comportements corporatistes que celles dont vous faisiez preuve en tant que directeur des musées de France. Ayant travaillé au ministère de la culture, je me souviens que le principe d'inaliénabilité des collections suscitait déjà des interrogations à l'époque. Très souvent, il était reproché aux conservateurs de garder certaines oeuvres dans les dépôts, alors qu'il aurait été sans doute plus intéressant de les vendre, un peu sur l'exemple de ce que font certains musées américains, voire d...

Photo de Jacques GrosperrinJacques Grosperrin :

...ile d'évoquer sereinement la question de la restitution des biens culturels. Quand on s'y oppose, on est souvent taxé de raciste ou de néo-colonialiste. Au contraire, quand on y est favorable, on nous rétorque que la promesse est intenable, bien qu'il existe un droit au retour des objets sur leur territoire d'origine. Vous avez parlé de l'Afrique : l'hypothèse de la création d'une succursale du musée Branly en Afrique a été émise. Ce faisant, ne se livre-t-on pas à une forme de néo-colonisation ? Comment faire pour éviter cet écueil tout en restituant les oeuvres culturelles ?

Photo de Pierre OuzouliasPierre Ouzoulias, co-rapporteur :

...té. Dans le Nord et dans l'Est, des opérations visent à réenfouir les restes de soldats morts pendant la Première Guerre mondiale dans des cimetières militaires de chacune des nations belligérantes à l'époque. Pour la période médiévale, les restes sont parfois réenfouis avec des croix, mais pas toujours. Pour l'époque gallo-romaine, tout est possible : les restes peuvent être présentés dans des musées ou être réenfouis dans des cimetières catholiques, ce qui n'était pas le cas au IIe siècle après Jésus-Christ. Deux tombes musulmanes du VIIe siècle après Jésus-Christ pourraient être réinhumées par la communauté maghrébine, qui aurait la possibilité de revendiquer une cérémonie selon son rite et sur le lieu d'origine des restes. Quant à la préhistoire, réinhumer l'Homo sapiens sapiens en Dordog...

Photo de Michel CanevetMichel Canevet :

La France a un potentiel important à valoriser, du fait de sa diversité culturelle. L'opération emblématique qu'est le Louvre Abou Dhabi constitue un point fort. D'autres musées ne valorisent pas suffisamment encore leur potentiel. La Cour des comptes souligne que l'offre française d'expertise patrimoniale internationale souffre d'une forte dispersion et d'une faible structuration, en dépit de quelques évolutions récentes. Le ministère de la culture compte-t-il se doter d'un service international spécifique pour une meilleure valorisation du savoir-faire français dans ...