Interventions sur "pornographie"

32 interventions trouvées.

Photo de Laurence CohenLaurence Cohen, co-rapporteure :

Je ne doutais pas de la profondeur de vos réflexions, qui me confortent dans mon opinion. Notre rapport sera véritablement pionnier sur ce sujet. Les producteurs, réalisatrices, anciennes et actuelles actrices du porno que nous avons entendues nous ont vanté le concept, à mes yeux totalement antinomique, de « pornographie éthique ». Ils nous entraînent vers le réglementaire, vers l'encadrement. Or vous montrez la nature très inégalitaire des contrats signés, qui révèlent un lien de subordination ou même d'assujettissement. Il est nécessaire de renforcer certaines mesures pour rendre la justice plus efficace. En l'état du droit, sommes-nous en mesure de faire en sorte que l'accès aux sites porno soit totalement ve...

Photo de Laurence RossignolLaurence Rossignol, co-rapporteure :

...s d'une définition codifiée. Je vois que vous avez renoncé à toute évolution de cette définition prétorienne. La dernière décision sur les sex cams en est une confirmation. N'est-ce pas le moment, pour le législateur, d'en donner une définition ? La décision sur les sex cams est choquante. Les consommateurs ont-ils été poursuivis au moins pour corruption de mineurs ? Les mineurs consomment de la pornographie, mais en produisent aussi, avec les sex cams. Ces gamines se placent dans une situation de grande vulnérabilité et nous n'avons rien pour poursuivre les hommes qui leur donnent des consignes derrière l'écran. Ne faut-il pas étendre la définition de la prostitution à des situations sans contact physique, ou créer une infraction spécifique ?

Photo de Laurence RossignolLaurence Rossignol, co-rapporteure :

Ce changement est censé permettre aux personnes prostituées d'avoir une meilleure vie sociale et affective. Il n'y aura proxénétisme que si les revenus qu'en tire la personne que nous qualifierions de proxénète sont disproportionnés. C'est une victoire du lobby des travailleurs du sexe. Pornographie et prostitution sont deux dossiers très connectés dans l'approche que l'on peut en avoir, du moins politiquement.

Photo de Laurence CohenLaurence Cohen, rapporteure :

...rapporté que des élèves ont contesté une planche anatomique d'une femme, au motif que des poils pubiens ne devraient pas y figurer puisque, soi-disant et d'après les contenus pornographiques qu'ils avaient pu visionner, les femmes seraient dépourvues de pilosité à cet endroit... Cela pose la question de l'éducation à l'image en général, du développement de l'esprit critique, ce qui vaut face à la pornographie comme sur bien d'autres sujets. Enfin, il faut aussi faire un travail auprès des parents, qui sont parfois très démunis et qui ne savent pas comment faire. Dans ma pratique d'orthophoniste, j'ai remarqué que les parents étaient de plus en plus en besoin d'information et qu'ils étaient de plus en plus démunis face aux problèmes que leurs enfants rencontraient. Il y a ce besoin. Qui va y répondre ...

Photo de Alexandra Borchio FontimpAlexandra Borchio Fontimp, rapporteure :

Philippe Arlin a plaidé pour l'encouragement d'une pornographie plus éducative et plus ludique, tournée vers l'épanouissement, dès lors qu'à l'ère numérique, il est peu probable qu'on parvienne à contrôler l'accès à la pornographie telle que nous la connaissons. Qu'en pensez-vous ? Avec les réseaux sociaux, on le sait, l'image est devenue une priorité pour les 18-34 ans, et même les plus jeunes, qui rêvent de ressembler aux nouvelles icônes d'Instagram, de ...

Photo de Bruno BelinBruno Belin :

...autorisation doit être effectué dès la moindre infraction, sans attendre un éventuel rappel à l'ordre. Je crois à 100 % au rôle de l'école et des enseignants, qu'il faut former. En effet, nous n'avons pas tous le même patrimoine familial. Certaines familles ou certains parents voudront former ou informer leurs enfants, tandis que d'autres ne le voudront ou ne le pourront pas. Sur le débat de la pornographie éthique ou déontologique, je ne crois pas à cette sémantique. Certes, on peut parler de pornographie respectueuse, dans le cadre d'une charte prévoyant qu'une personne de confiance puisse assister aux tournages et que les scénarios ne comportent aucune terminologie contraire au code pénal. Il s'agit de fondamentaux que nous devrons rappeler dans le rapport de la délégation. S'agissant de l'inter...

Photo de Marie-Pierre MonierMarie-Pierre Monier :

...ler le Gouvernement pour savoir où nous en sommes. La première porte d'entrée, c'est d'agir auprès de la jeunesse. Sans doute certains professeurs ne sont-ils pas assez armés, face à un public compliqué. Il faut faire en sorte que ces séances aient effectivement lieu, partout sur le territoire. Internet et les réseaux sociaux ont engendré un véritable problème, chacun ayant désormais accès à la pornographie, sans filtre. Comment garantir l'âge réel du jeune qui souhaite se connecter ? Dans ce cadre, quel contre-discours les parents et les adultes peuvent-ils tenir ? Quoi qu'il en soit, il convient d'agir vite. Vous décrivez en effet un véritable encouragement à la violence. Nous ne pouvons pas rester insensibles, après toutes les sonnettes d'alarme que vous avez tirées. En tant que politiques, nou...

Photo de Laurence CohenLaurence Cohen, co-rapporteure :

...ise, mais avec des canaux plus modernes qui nous échappent et touchent des publics extrêmement jeunes. Nous avons besoin de contrebalancer cette marchandisation des corps par l'éducation, de la crèche à l'université - action qui manque terriblement. Notre responsabilité collective est flagrante. Monsieur Benard-Courbon, vous dites que l'essor de la prostitution des mineurs et la diffusion de la pornographie sont concomitants ; mais le lien de cause à effet est difficile à mettre en évidence. Comment le démontrer ? J'ai le sentiment qu'il y un angle mort au niveau des définitions comme des sanctions juridiques. Mme Arrighi conclut en disant que la balle est dans le camp du législateur mais elle est aussi dans celui de la justice. Si nous voulons interdire la pornographie, on nous rétorquera que cela...

Photo de Laurence CohenLaurence Cohen, co-rapporteure :

Je vous remercie, Messieurs, de vos propos. Nous essayons effectivement d'auditionner toutes les parties, sans a priori, afin de pouvoir formuler les recommandations les plus pertinentes. Monsieur Dorcel, vous avez fait une différence entre l'industrie pornocriminelle et les groupes industriels de la pornographie, qui auraient une éthique. J'aimerais avoir un peu plus d'éclaircissements sur ce point car je ne suis pas du tout convaincue que le clivage se situe entre les groupes professionnels et les groupes amateurs. Il me semble que la situation est un peu plus complexe. Ensuite, vous avez le souci, que je partage, de protéger les actrices et les acteurs, grâce à des contrats et à une charte déontologiq...

Photo de Alexandra Borchio FontimpAlexandra Borchio Fontimp, co-rapporteure :

...oduction pornographique et répondant probablement à une demande des consommateurs. Quel regard portez-vous sur l'évolution des contenus ? En tant que producteur, fixez-vous des limites à vos équipes, afin de « canaliser » la propension aux scènes violentes ou dégradantes ? Dans vos réponses au questionnaire envoyé par la délégation, vous dites que ces pratiques n'existent pas dans le monde de la pornographie payante de qualité, comme celle de votre groupe. Elles seraient réservées à la pornographie gratuite trash, qui n'a pas de charte éthique. Pourtant, Mme Gaultier appartient au monde du porno luxueux et attractif.

Photo de Bruno BelinBruno Belin :

Je vous remercie, Monsieur Dorcel, Maître Cordelier, de vos présentations. Je fais partie de ces élus qui ne croient pas du tout à la prohibition de la pornographie : elle n'aurait aucune chance d'aboutir à l'heure des smartphones et d'Internet. Il faut donc trouver les moyens d'un bordage juridique. À cet égard, le contrat me paraît indispensable. La charte semble constituer un élément trop léger dans un cadre juridique. Comment exiger le contrat ? Doit-il y avoir une autorité de contrôle des contenus, en amont de leur tournage ? La remarque formulée par M...

Photo de Laurence CohenLaurence Cohen, co-rapporteure :

...rprise est constitutif du crime de viol. Le consentement peut être donné avant la production, après quoi l'actrice ou l'acteur, à la suite d'un événement ou devant un partenaire ou plusieurs, peut refuser une action prévue dans le contrat. Il me paraît donc très superficiel de répondre simplement : il y a contrat, il y a consentement. En tant que parlementaires, nous n'entendons pas interdire la pornographie. Notre intervention n'est pas de nature morale. Quant aux associations féministes qui se sont constituées, elles défendent des femmes victimes qui se sont adressées à elles. Ne caricaturons donc pas.

Photo de Laurence CohenLaurence Cohen, co-rapporteure :

...programmes, mais aussi, de manière générale, les moyens mis en oeuvre. En tant que législateurs, nous rédigerons un rapport à la suite de nos auditions et formulerons un certain nombre de recommandations, lesquelles, je l'espère, seront suivies. Comment continuer à creuser les pistes que vous avez ouvertes ? Ensuite, j'aimerais avoir plus d'explications s'agissant d'une absence d'addiction à la pornographie et aux jeux vidéo. Je vous le dis franchement, je suis dubitative en la matière. En effet, on a l'impression que, lorsque les jeunes sont exposés à des images pornographiques violentes, ils recherchent ensuite des images de plus en plus violentes. Cela fait penser à une addiction, dans la mesure où il s'agit d'éprouver des émotions de plus en plus fortes.

Photo de Laurence RossignolLaurence Rossignol, co-rapporteure :

Mesdames, Monsieur, nous ne travaillons pas uniquement sur l'impact de la pornographie sur les mineurs. Notre délégation s'intéresse à l'ensemble de la pornographie, qu'il s'agisse des pratiques de son industrie, de ses contenus, de son rôle sur les adultes et de la place de la pornographie dans la culture du viol. Il est important de le préciser, car les questions liées à la pornographie sont souvent abordées sous le seul angle des mineurs, comme si la pornographie ne posait prob...

Photo de Alexandra Borchio FontimpAlexandra Borchio Fontimp, co-rapporteure :

...iew d'Ovidie, que la délégation a reçue hier, où elle évoque les vidéos de bondage, domination et sadomasochisme (BDSM), très regardées par de jeunes femmes, promptes à intégrer des pratiques de soumissions. Y voyez-vous un paradoxe avec le fait que la parole des femmes semble se libérer ? L'éducation sexuelle est au programme de la classe de quatrième, comme c'était déjà le cas à mon époque. La pornographie en est bien évidemment absente. Selon moi, il faut aborder ces questions à l'école. Je comprends, bien sûr, que certains enseignants n'aient pas envie d'évoquer le sujet. On peut alors faire appel à des spécialistes. En parler à l'école peut permettre ensuite d'en parler à la maison. On ne peut bien sûr pas aller dans chaque famille pour sensibiliser chaque parent. Il faut oser dire les choses....

Photo de Victoire JasminVictoire Jasmin :

... destination des parents d'élèves. Il faut en être conscients, les parents sont démunis, car ces questions sont taboues pour nombre d'entre eux. Il convient de les impliquer davantage dans l'éducation sexuelle de leurs enfants. Sinon, les enfants seront toujours à la recherche d'informations que les parents ne réussissent pas à leur transmettre. Les garçons vivent très mal la confrontation à la pornographie, qui leur enjoint de réaliser des performances. Cela crée des problèmes de violence, en particulier de violence conjugale. Pour ma part, j'étais convaincue qu'il existait une véritable addiction à la pornographie. Vous avez répondu sur ce point, Monsieur Borst, et je vous en remercie.

Photo de Laurence CohenLaurence Cohen, co-rapporteure :

Merci, Mesdames, de vos témoignages. C'est la première fois que la délégation aux droits des femmes s'intéresse au sujet de la pornographie et nos différentes auditions dressent un tableau à plusieurs facettes : vos témoignages diffèrent de ceux des sociologues, des associations féministes ou des différentes instances de contrôle que nous avons entendus. C'est très bien d'avoir ces approches multiples. Certaines d'entre vous ont employé les termes de « travailleuses du sexe », ce qui, pour moi, renvoie à la prostitution. J'aimerais ...

Photo de Laurence RossignolLaurence Rossignol, co-rapporteure :

... passait par des dispositifs de type charte régissant les rapports entre les acteurs, les actrices, le réalisateur et l'ensemble des personnes présentes sur le tournage. Portez-vous la réflexion éthique jusqu'aux contenus ? La production pornographique est accessible à tous - je suis perplexe sur la possibilité, en démocratie, de concevoir un système empêchant totalement l'accès des mineurs à la pornographie ; mais la question de l'éthique se pose, y compris pour les adultes. Bon nombre de réalisations sont racistes et sexistes. Vous me rétorquerez que c'est vrai dans tout le cinéma... Mais, pour le cas qui nous concerne aujourd'hui, la portée est différente, puisque le sexisme est parfois l'objet même de la fiction proposée, sans même parler des images pédocriminelles dont la diffusion prospère sur ...

Photo de Bruno BelinBruno Belin :

...fendre. Sur le fond, vous avez évoqué un droit au fantasme. Je rejoins ma collègue Laurence Rossignol : quid des contenus ? Par exemple, avez-vous un droit de regard sur les titres ? On trouve parfois, au gré des titres, des mots qui renvoient à des actes clairement prohibés par le code pénal - viol, inceste. Quelle est votre réaction devant une scène qui peut être décrite comme lesbophobe ? La pornographie est dans les cours des collèges, vous n'en êtes pas responsables, nous sommes bien d'accord. Les autorités de régulation font leur office ; l'Arcom a d'ailleurs cette semaine saisi la justice en vue de bloquer cinq sites. Les législateurs que nous sommes ne sauraient transiger sur la protection des mineurs. Knivy. - Concernant le droit à l'oubli, le problème est que tout ce qui est sur Internet ...

Photo de Laurence CohenLaurence Cohen, co-rapporteure :

...réalisés, qu'ils n'étaient pas simulés, mais bien subis. Après cette audition marquante, nous avons entendu le point de vue de certains sociologues qui étaient beaucoup plus nuancés. Certains nous parlaient d'un travail « comme un autre » - ce n'est pas mon point de vue - qu'il fallait encadrer. Vous-mêmes apportez une vision très intéressante, qui se place aussi du point de vue de la société. La pornographie ne tombe pas comme ça dans un ciel serein. Elle est un miroir grossissant de notre société patriarcale. C'est extrêmement intéressant. À un moment où la parole se libère - bien que des dénonciations aient toujours eu lieu - il n'est pas étonnant qu'il se passe la même chose dans la pornographie. J'aimerais vous poser des questions de trois ordres. D'abord, nous avons le sentiment que le réalisat...